vendredi 19 juin 2009

Te quitter

Lorsque nous avons été présentés l’un à l’autre, j’avais tout juste treize ans. Tu te souviens? C’est mon frère qui nous avait mis en contact. Moi j’étais innocent et sans expérience à cette époque; je suis immédiatement tombé sous tes charmes. Avant cela, je t’avais convoité, longtemps; tu étais si populaire; tout le monde voulait être vu avec toi. Alors, quand, cette première fois, je l’ai fait avec toi, j’ai senti que je devenais enfin un homme moi aussi, un vrai. Ça m’a tellement étourdi; je planais littéralement.

Par la suite, peu de temps après, nous étions déjà en mode fusion, moi et toi. Je t’emmenais partout où j’allais. Je voulais être vu, te tenant par la main; tous les gens remarquaient que nous étions ensemble désormais et ça ne laissait personne indifférent. «Oui, nous sommes ensemble maintenant» que je disais à tous, fièrement. Aussi, tu étais facile à allumer, alors je le faisais constamment; J’avais d’ores et déjà besoin de toi et tu remplissais tes promesses à chaque fois que je mettais le feu. C'était si bon, nous deux

Une quinzaine d’années plus tard, quand j’ai commencé à réaliser que notre relation n’était pas saine et que j’ai compris que nos échanges n’étaient pas basés sur l’amour, mais bien sur l’habitude, j’ai voulu m’éloigner de toi. Or, j’en ai été incapable; Plus je prenais mes distances : plus tu envahissais ma tête et plus mon corps te réclamait. C’était devenu viscérale. J’ai consenti à tant de bassesses, dans le but de t’avoir constamment près de moi : J’ai marché dans la neige, dans la nuit, souvent, pour aller te quérir. Quand, je ne te trouvais pas, je souffrais et ne cessais de penser à toi. Mais, j’ai toujours retrouvé ta trace, tu n’étais jamais bien loin. J’ai même essayé quelques fois de te quitter pour de bon, mais, jamais plus d’un jour après, j’allais te rechercher; toi tu m’attendais patiemment et tu me pardonnais tout, sans aucun reproche et lorsque je te goûtais à nouveau, une tonne d’agressivité me quittait.

Quand je me réveille le matin, ma première pensée est pour toi; je n’ai pas encore les yeux ouverts que je te cherche en tâtant. Et pourtant, tu me fais mal; tu me tue à petit feu; j’en suis pleinement conscient, mais, je ne peux me passer de toi. Je te veux. Nous avons vécu tant de choses ensemble : tu étais toujours là quand je te réclamais. Nous sommes passés par tant de tempêtes, tant de joie. Et les soirs de brosse, Dieu sait comme j’ai besoin de toi, comme j’abuse de toi, comme je t’aime. Mais, aujourd’hui, les choses changent : tu m’apparais si laide; j’ai l’impression de me faire regarder comme un lépreux lorsque nous sortons ensemble. Plus personne ne veux te voir désormais; certaines gens m’ont même confié que tu puais. Je n’en peux plus que tu sois toujours là, omniprésente. J’en ai plein le dos d’avoir toujours envie de te prendre...
Je suis accroc de toi; tu fais ce que tu veux de moi, je suis ton esclave, ton pantin. Je voudrais te dire adieu, te tourner le dos à jamais, or, je n’en ai pas la force; pas encore.


Cigarette, je te hais.

1 commentaire:

  1. J'aime ce texte et j'aime ma cloppe, même si elle ne me le rendra jamais! ;)

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