Mardi dernier, c’était ma St-Jean-Baptiste. Cette journée a commencé à midi pour moi, alors que c’était le barbecue annuel au bureau. Hot-dogs, hamburgers et bières étaient au menu. C’est bien ce barbecue parce qu’on peut fraterniser avec les collègues; ce n’est pas souvent dans l’année qu’on peut se laisser aller de la sorte. Donc à midi, le tout a débuté avec un verre de rosée; nous avons porté un toast à l’été et à la St-Jean. Y’a quelques anglos dans le groupe qui se crissent royalement de la St-Jean, mais ils ont trinqués de bon cœur quand-même. Par la suite, nous avons mangé comme de cochons et, pour certains d’entres-nous, nous avons aussi bu pas mal. Tant et si bien que vers les 15:00, au moment ou je quittais avec Shan, j’avais déjà cinq ou six bières dans le corps et j’étais joyeux disons
Shan, c’est une collègue que j’hésite à qualifier d’anglophone, parce qu’en fait, elle est parfaitement bilingue : A pal’ frança comme moé pis toé! Quelques jours avant, je lui avais demandé ce qu’elle faisait pour la St-Jean; elle m’avait répondu qu’elle ne faisait rien et qu’elle n’avait jamais fêté la St-Jean. Je n’en croyais pas mes oreilles; Trop dommage; Hostie qu’on n’est caves les francophones, quand on se donne la peine; comme si elle n’était pas pure laine, elle aussi. En tout cas, je l’ai invitée à venir faire la fête dans le bastion francophone par excellence : Rosemont. Compte tenu des incidents relatifs aux groupes anglophones, dont nous avons tous entendu parler, je trouvais que ça ne pouvait pas mieux tomber. «Bring your own anglophone» aurait dû être le thème de la soirée. En tout cas, c’était le mien, que je me dis avec humour aujourd’hui.
Donc, après le barbecue, je me suis ramassé chez Shan. Nous avions quelques heures à tués, alors Shan en a profité pour faire de la vaisselle et du lavage, pendant que je me suis occupé de mettre de la musique et de rouler les pétards requis pour la soirée. Évidemment, Shan étant aussi trippeuse que moi, nous avons continué à boire et c’était très agréable. Par la suite, nous sommes descendu chez-moi et nous nous sommes fait une petite bouffe tout en se calant quelques pintes de bonne bière. Je me suis dis que j’étais très bien accompagné et je désirais vraiment que ma comparse ait beaucoup de plaisir en cette journée de fête des québecois.
Un peu plus tard, nous sommes allés rejoindre mes potes au parc pélican, pour le spectacle tant attendu. Quand tout le monde est enfin arrivés au point de rendez-vous, nous nous sommes dirigés vers l’entrée, et ce que je craignais est arrivé : «Pas le droit d’amener de bière sur le site» que le gros tas de marde à l’entrée nous a dit. Nous avions trois pintes dans nos sacs. Nous nous sommes donc assis sur l’estrade qui était à côté pour caler ça. J’ai donné une bière à une inconnue qui était là, pour ne pas passer la soirée hors du site et nous avons bu les deux autres, moi et Shan. Pendant que nous buvions, deux cadets de la police se sont arrêtés devant l’estrade. Je suis allergique à la police et ça s’est mis à me piquer partout. Le premier cadet, en regardant les gens de l’estrade, a dit bonsoir, mais pas à quelqu’un en particulier. «Nous voulons fraterniser, ce soir» a dit le deuxième. Moi, je me suis dis à part moi : «Criss, c’était ça votre breefing à soir? T’es aussi subtil qu’un troupeau de vaches, hosti de sans-dessein» Mais, ironiquement, j’ai dis : «Ah, c’est donc ben l’fun». Là, il m’a demandé : «La police vous laisse boire de la bière comme ça dans le parc ce soir?» Dire que je bouillais serait un euphémisme; je sublimais câlisse. J’ai répondu, sêchement : «J’espère sacrament, c’est la St-Jean. Faut tu une permission spéciale?» C’est resté de même. Mais bon, ça m’a fait comprendre que dans quelques années, ils nous enlèverons aussi ce droit. Il faut que Boréale fasse de l’argent; à 5 piastres la petite bouteille, nous sommes déjà chanceux de pouvoir boire dans un parc à la St-Jean…tabarnak.
Après cet épisode, nous sommes finalement rentrés sur le site. J’ai lâché un coup de téléphone à Phil qui était déjà dans la foule avec les autres amis, pour qu’il vienne nous chercher à l’entrée. Après avoir repéré les amis, moi et Shan sommes allés aux bécosses. Il y avait une méchante filée. Pendant que Shan attendait pour les toilettes, moi je suis allé attendre dans l’autre file pour de la bière. Je nous ai pris deux boréales (beurk) et je suis revenu rejoindre Shan qui n’avait pas beaucoup avancé, en route pour les jiggs puantes. Pendant que nous attendions, Shan à croisé une de ses amies. Elles ont placotés un peu. La fille était avec d’autres amis que Shan n’avait pas vu depuis longtemps. Quand Shan est revenue me rejoindre dans la file, je l’ai encouragé à aller voir ses amis qui sont beaucoup plus jeunes que les miens. Je lui ai dis : «Gêne toi pas là, trippes ma fille, t’es là pour ça. Ça va me faire vraiment plaisir que tu trippes avec tes amis. On se rejoindra à la fin» Et aussi, égoïstement, je me disais que s’il y avait une fille de mon goût, c’était foutu, étant donné la beauté féroce de Shan qui m’accompagnait. Mais, je souhaitais vraiment qu’elle se pète un fun. Finalement, nous sommes arrivés au bout de la file après une grosse demi-heure d’attente. Quand la toilette de la filée d’à côté s’est libérée, Shan a fait volte-face et elle y est allé direct; le gars d’à côté était subjugué. Comme il l'a regardait un peu trop (je croyais que les yeux allaient lui sortir de la tête). Je lui ai dit : « A’est vite hein?» Il a opiné de la tête. J’ai questionné : «A’est cute aussi, hein?» Il a fait oui. Je lui ai dit : «Oublie ça man, A’est a’ec moé». Et j’ai ri de bon cœur; c’est mon petit côté baveux. J’adore ça être avec une femme aussi belle et voir les gars baver, alors que moi je n’ai aucune visée sur elle, même si je me sens protecteur et fière de me pavaner avec une telle déesse. Après les toilettes, nous sommes allés chercher une autre bière pour Shan et deux autres pour moi; On avait eu le temps de boire les premières en attendant. Ensuite, nous sommes allés rejoindre mes amis pour moi et les amis de Shan pour elle et on a suivi le show chacun de notre côté. Nous nous sommes rejoint à la fin du spectacle, et sommes retournés lentement vers chez moi en fumant le dernier joint. Elle avait trippé avec ses potes, alors je pouvais dire : mission accomplie.
Pour terminer la soirée, nous sommes allés au pub Rosemont, pour enfiler quelques dernières pintes. C’est là que l’épisode platte de la journée s’est déroulé. Il y avait une fille, qui était à la table adjacente à la nôtre, que j’ai reconnue. Elle était vêtue d’une belle robe rouge et elle avait des perles comme collier et comme bracelet. C’était jolie, mais pas tellement de mise pour le pub, à mon avis. Moi je suis plus genre jeans et c’est pourquoi j’aime tant le pub; ce n’est pas le DiSalvio, mais ce n’est pas une taverne de mononc’ budweiser non plus. Je lui tape doucement sur l’épaule et lui demande :
- On aurais pas trippé ensemble l’été passé?
- Euh…oui ça s’peut
- Ben oui, on était supposé aller dans un party, mais ta chum m’avait fait chier
- Ah oui, je me rappelle
- Tu te rappelle-tu aussi que t’es partie avec mon beau polar noir?
- Euh non, je ne suis pas certaine.
- Moé oui, mais bon, c’est pas grave.
Ça me faisait chier qu’elle essaye de me faire croire qu’elle avait oublié. Elle s’est pris une chaise et est venu s’assoir cavalièrement.
- On te voit pas souvent ici, que je lui ai dis
- Non en effet, je me tiens un peu plus chez Roger
- Roger? Pas mon genre de place, mais pas pantoute
- Ben c’est mieux qu’ici
- Ouan, ça dépend des goûts
- Non, non, c’est ben mieux qu’ici
- Qu’est-ce tu fais icitte d’abord?
- J’voulais faire changement.
- Ah
- Mais chez Roger, c’est plus du monde de qualité
Quand elle m’a dit ça, j’ai failli m’étouffer avec ma gorgée de bière et, évidemment, j’ai renchéris :
- Ok, icitte c’est des trous d’culs?
- Ben non, mais chez Roger, c’est du monde plus class
- Ben wèyons donc toé. Et je lui ai demandé :
- Tu pense-tu que toé t’es là, pis que moé je suis icitte en bas? En lui montrant une main plus haute que l’autre
- Oui.
- Ah ben tabarnak. Là t’es mieux de changer d’tab’ tu suite…j’voudrais pas t’salir.
Et je lui ai tourné le dos sur ces mots. Shan semblait sous le choc et ne savait que dire. Je me suis dit : «criss a’ va s’en aller. Ben non a rest’là sti». J’ai ajouté :
- C’est beau, tu peux y aller, je te retiens pas». Elle a dit :
- Ben là, capotes pas d’même.
- Ben, tu viens de m’traiter de tas d’marde. Bye
- C’pas ça j’ai dit
- Qu’est-ce t’as dit?
- Euh.
- C’est ça, bye
Elle est finalement partie. Après, ça, je suis allé reconduire Shan jusqu’à son char et je suis allé en prendre une dernière au pub avec Vinnie jusqu'à ce qu'ivresse totale s'ensuive…
Je n'ai amené aucun anglophôôône avec moi. Pis...
RépondreSupprimerJ'ai dit à mon fils vient icitte tu vas pisser su'le bord de la clôture, y a trop de monde mon amour.
He he
3 ans et demi... pisse déjà su'le bord de toutte n'importe où aux yeux du monde, non mais !
Ben oui, c'est moué qui l'encourage !
T'es vraiment hot Dominique. Faut que tu y montres c'est quoi un homme. Moi, après avoir attendu un tour pour la bécosse, j'ai pas besoin de te dire que quand j'ai eu de nouveau envie, je suis redevenue un homme.;)
RépondreSupprimerj'ai fait la même chose avec fiston !!! mon chum était en TA...parce que lui aussi a attendu 6 heures !!!
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