V’là pas longtemps, y’a une belle minoune noire bien en chair qu’y’est apparue dans ma ruelle. Ben, dans l’fond, ça fait p’tête un boutte qu’a’est là, mais je l’avais pas r’marquée avant la fin d’semaine qu’on vient d’passer. C’est quand qu’je l’ai entendu miauler qu’ça a attirer mon attention; c’tait pas un miaou de chatte opérée; c’était un miaou de chatte ben en chaleur. J’peux tu t’dire qu’j’ai allumé pas à peu près. J’me su’ dirigé t’suite vers où venait c’t’appel-là; un ronron d’ce genre-là, j’peux pas laisser ça d’même. Ça v’nait d’la cour d’la p’tite fille espagnole qui a emménagé y’a deux-trois s’maines. Ben sûr, y’avait déjà un mâle qui était là : le p’tit jaune tigré. Mais, comme ce p’tit minet a pas d’couilles, y’a crissé le camp drette quand y m’a vu. J’y ai fait un p’tit sourire en coin-de-criss-de-baveux-cont’-lequel-on-peut-rien-parc’-qu’lui-y’en-a-des-gosses. Après ça, c’est l’odeur qui est v’nu; là, j’ai perdu l’contrôle su’ moé. J’ai commencé à checké pour savoir où c’qu’a’était exactement; comme j’connais toutes les cachettes du boutte, ça a pas pris trop d’temps avant que j’la trouve; a’était cachée en-dssour d’la gal’rie du premier. Au début, j’voyais just’ses yeux qui sortaient d’la noirceur; des yeux vraiment perçants et transperçants. J’me su’ avancé, pas trop vite, avec mes plaintes incontôlab’ de mâle qui veut en criss. J’ai vu qu’ça la rendait nerveuse, mais, «trop tard ma belle, j’t’ai vu» que j’me suis dis. Rendu à que’ques pieds, j’me su’ arrêté; j’savais pas si a‘était griffée, fa que j’ai pas pris d’chance. A‘est sortit à moitié, pour s’garder une option su’le côté jardin. Là j’y’ai dit : «T’es un criss de belle minoune toé». A’eu d’l’air d’aimer ça. Moé j’avais juste le goût d’la mord’ dans l’cou; j’me su’ approché encore un peu, pis j’y ai répété la même affaire : «T’es un criss de belle minoune toé». Quand j’suis bandé comme je l’étais, j’ai comme pus d’criss d’imagination; j’deviens obsessif; la mord’ dans le cou était la seule hostie d’pensée qu’j’avais dans ma cervelle qui me servait pu tell’ment à grand-chose. C’est là qu’a me dit :«je r’viens dans une minute». A’est sortie de sa place, a‘a monté l’escalier pis a‘est rentré chez elle. Ben ciboire, moins que deux minutes après, sa maîtresse est v’nue farmer ‘a porte. Ce soir-là, j’ai attendu un gros quinze minutes, mais a‘est jamais r’sortie. Un coup débandé, I’me restait just’a décâlisser.
Là, j’ai ajouté sa place su’ ma run, pis j’arrête à chaque soir, pour pisser en-dssour d’la gal’rie où je l’avais vu, pour être certain qu’y’aura pas un sac-à-puce d’assez cave pour essayer de m’la piquer. Heille, une belle grosse minoune de même, y'en a pas ben ben! Quand je l’entends se plaindre à travers le scring, j’passe toujours m’frotter le bord d’la yeule su’l’barbecue qui est su’l’balcon, mais comme a sort pas, j’peux pas perd’ mon temps là; faut j’bouffe avant toute. Mais, j’la r’pogn’rai ben…
Pauvre ti-minou qui a l'goût. C'est rien qu'une agace c'te minoune là! ;)
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