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dimanche 10 mai 2015

Vidange Puante

Ça sonne à la porte, je sursaute. Nous étions tranquille juste avant, Nous jouions au hockey sur la playstation. Quand c'est moi le gardien, je suis toujours sur les nerfs quand ça sonne, mon cœur arrête de battre
- L'gros, va répondre.
- Ah non, c't à ton tour.
- M'en câlisse. Si tu lève pas ton gros cul, on t'enwèye dans 'a cave à bibittes.
- Hostie, vous êtes fatikant a'ec ça. Et il se leve, résigné, humilié encore.
- Fuck, c'est Vidange Puante, man.
- Ouan, pis? Rouvre. Josée entre rapidement et referme aussitôt la porte derrière elle. Le gros dit :
- Criss que t'es maig' toé. La prochaine fois, sonne pas, passe par la fente de la boîte à malle.
Et il éclate de son rire de gros cave, fière de sa joke, qu'il avait sûrement cuvé pendant des jours.

Josée travaille sur Ontario, entre Fullum et le viaduc du CP qui sépare Centre-Sud d'Hochelaga. Entre 2 pipes, elle vient nous voir pour acheter son stock. Quand ça allait bien avant, elle pouvait venir deux ou trois fois par soir, mais maintenant, elle en a perdu comme on dit. Les joues creuses, le teint fluo, les jambes poqués, ça marche moins ses affaires, mais elle réussit encore à pogner quelques vieux criss, pour qui un trou c'est un trou.
- Tu nous doés tu d'l'argent, toé? Que je lui demande pour l'écoeurer encore. Je fais toujours ça, même si je sais que je ne lui aurait jamais rien laissé sans argent.
- Non, non. Vomie-t-elle de sa gueule croche constamment en mouvement.
- Chu sûr qu'tu doés d'quoi. L'gros, checke donc dans l'cal'pin. Chu sûr qu'y'a une page pour Vidange Puante. Et je lui souris, en ajoutant : Ben oui, c'est toé ça!
- Non, y'a rien.
- Checke comm 'faut, calvaire, chu sûr qu'a nous en doé.
- Ok, crissez-y patience, qu'a décâlisse. S'impatienta Bozo, qui ne parlait jamais vraiment beaucoup.
- Bon, ok, qu'est-ce tu veux, ma princesse?
Josée remonte sa robe jaune sale, jusqu'à ses petites culottes sales jaunis, d'où elle sort un billet rouge tout frippé et humide, qu'elle me tend en tremblotant.
- Ah non, criss, c'est dégeu ça. Va l'changer au dépanneur.
- Niaise pas, c'est d'l'argent. J'en veux 2.
- L'gros, va chercher un paire de pinces, moé, j'touche pas à ça. Il sort de la pièce.
- 'ttends un peu ma jolie, j'veux pas pogner l'sida.
Quelques secondes après, Kevin, le gros, réapparait avec les pinces dont on se sert en guise de robinet. Il me les lance. Josée me tend le billet que je prends entre les mâchoires des pinces. Je lui lance ensuite les 2 sachets, à ses pieds.
- Quin.
Elle s'empresse de les ramasser et de se les foutre au même endroit d'où elle a sortie le 50 dollars.
- T'es certaine que tu t'les f'ras pas voler, hein, ma pitoune?
- J'peux tu sortir par en arrière?
- P'quoi faire?
- Parc'que j'm'en vas par là.
- Ben oui, dégage. Elle sort.
Je reprends ma manette et continue la partie, pendant que le gros est aux toilettes. Je compte 3 buts rapidement contre une équipe sans tête, sans doigts. Lorsque le gros revient de son envie, je crie : Next!
- Heille, t'es ben crosseur.
- Fuck you, man. Tu peux pas t'en aller d'même en plein milieu d'la game. T'es out! C't'à toé Bozo.

HAAAAAAAAN, la sonnette me fait échapper ma manette.
- L'gros, va répondre.
- Encore moé?
- Cave à bibittes, le gros. Il s'exécute. C'est un chauffeur de taxi. 
- Ma cliente est entrée ici. Elle m'a dit attends, je reviens, mais là, ça fait 15 minutes que je l'attends.
- Tu t'trompes de place. E'est jamais v'nu icitte. Et il lui claque la porte au nez, le gros sans-dessein.
- Sti d'gros cave! Que je lui crie. Je me lève d'un bond et je cours à la porte.
- Monsieur, monsieur, désolé, mon ami voulait vous faire une farce. Votre cliente est bien ici, elle avait juste oublié de nous avertir. Combien ça coûte?
-$9,85
- Tenez, voilà 20 piastres et gardez le change pour votre dérangement. Le chauffeur s'en va, le sourire plein la face. Je claque la porte et je crie :
- L'gros, viens 'citte, mon tabarnak.
- Quoi? Qu'il dit avec sa grosse face de je-comprends-pas.
- Sais-tu ce qui s'rait arriver si j'avais pas été là mon gros criss de 2 d'pique? Que je dis en reprenant la manette.
- Non.
- Non?
- Non. Je lui lance la manette en pleine face et je me lève.
- Le chauffeur de taxi aurait appelé les cochons, pis ils s'raient v'nu nous collecter. Tu penses tu vraiment que c't'une bonne idée?
Et je commence à le fesser. Je dis à Bozo et Botche d'ouvrir la porte de la cave à bibittes, et nous poussons le gros dedans, Nous barrons la porte et nous retournons jouer, jusqu'à ce que le gros se mettes à pleurer et nous à rire. À la fin de mon quart, à minuit, je pars, destination les foufs

dimanche 6 septembre 2009

Le vieux criss, la grosse torche et F.

En s’étirant le cou, F. a demandé à ce gars qui la regardait fugitivement depuis la table voisine :
- Tu veux me parler?
Ce dernier, surpris et confus, a répondu malgré lui :
- Non…Euh oui…mais non…pas particulièrement
Puis F. a retourné son attention à la table où elle était assise avec le vieux criss et la grosse torche. À cette table, on épuisait les sujets les plus banals, allant de la marque de leurs tires de chars jusqu’au prix tellements ridicules de Costco. F. s’emmerdait donc à mourir. Elle s’était retrouvée en compagnie de ces énergumènes par ennui se disait-elle. Mais ce qui l’ennuyait maintenant, c’était qu’elle était incapable de se lever pour changer de place; cela la démangeait. Elle avait envie de discuter avec le gars de l’autre table, mais elle restait clouée là, malgré elle. Elle écoutait les deux morons discuter et plus la grosse torche et le vieux criss parlaient, plus elle se reprochait de ne pas être demeuré assise seule. À ses pensées, subitement, elle s’est levée et s’est dirigée vers le gars.

Elle s’est approchée de la table, du gars, de sa tête, de son oreille, le surplombant, elle lui a demandé :
- Tu fumes?
- Euh oui…La cigarette ou les substances illicites? Quoi que oui dans les deux cas de toute façon.
- Tu viens en fumer une avec moi? Dehors
- OK
Et ils sont allés se purifier les poumons ensemble. Ça s’est déroulé comme une séance de speed-dating. Tu fais quoi? Ou c’est que t’habite? T’as quel âge? Et ils sont retournés à leur place respective.

Le vieux criss, lorsque F. s’était rassis, s’est d’approché d’elle et lui a dit de ne pas s’approcher de ce gars, que c’était un vilain et qu’il avait une réputation de salaud. La grosse torche ajouta, elle, qu’effectivement, ce gars n’était qu’un bum de bas étage et que d’ailleurs une de ses amies l’avait essayé et que ça ne valait pas grand-chose. Toute cette merde orale, au lieu de décourager F. l’excita encore plus, mais elle ne savait que faire pour changer de table et elle décida plutôt de s’en aller. Lorsque quittant, elle a salué le gars, celui-ci s’est levé et l’a raccompagné jusque dehors en lui demandant pourquoi elle partait déjà.
- Je m’en vais manger des sushis avec ma chum
- Oh. Tu n’as pas encore mangé? Je comprends alors. Tu reviens quand? On a quelque chose en suspens il me semble.
- Il parait qu’il ne faut pas que je t’approche. C’est ce que les gens à ma table m’ont dit.
- Ce sont tes amis?
- Non
- Fiou. Je dis ça parce que ce sont les pires loosers de la place. Lui c’est un vieux criss qui s’essaie sur toutes les filles qui entrent ici, alors évidemment quand je plais à une fille, ça le fait chier puisqu’il devient automatiquement hors-compétition. Quant à elle, c’est une grosse torche qui expose ces fantasmes comme s’il s’agissait de faits réels, bien que dégueulasses et qu’à sa vue je viens bien près de vomir à chaque fois. Deux fois sur trois ou je viens ici, elle est là avec son uniforme laid de garde de sécurité dans lequel on peut apercevoir ses seins laids et pendant et son hosti de gros cul de grosse torche. Aussi, elle se balade souvent avec son bichon maltais aveugle que je me ferais plaisir d’écrabouiller sous mes semelles.
- T’es vraiment un bum. Je suis folle de toi.
- T’as des enfants?
- Tu veux m’en faire un?
- Je te fais des jumeaux si t’en as envie.
Ils se sont échangés leurs numéros de téléphone et elle est partie le cœur léger.

samedi 30 mai 2009

Pèter des yeules

Me sembl’ j’en batterais un à soir. N’importe qui; le premier qui marche su’ mon pied; un qui a une face à fesser d’dans. Me sembl’ ça f’rait du bien. J’va appeler Mart pour voir si ça y tentes.
- Qu’est-ce tu fais l’gros?
- Pas grand-chose. Tite bière tranquille.
- Tente tu d’aller battre des anglais, des tapettes, quek chose?
- Ah, j’sais pas, j’suis pas mal su’ a bum.
- Awèye donc, ça fait longtemps qu’on s’est pas pèté un time, j’amène la bière
- Ok amène toé…Amène d’la bière.
J’raccroche. J’met mes bottes, j’met mon coat pis j’m’en va au dépanneur.
C’est Piton qui est là. J’m’en va direct dans chambre froide. J’en prends 12 ou 24?
- Le gros tu me marque tu 24 bud?
- Ton bill est haut Mike!
- Inquiète toé pas j’te paye ça a mon chèque de bs
- T’es ben mieux, sinon j’va l’enlever su ta paye, j’t’avertis
- Ben oui pas d’troub’
J’m’en va dans l’parc; les gars sont tous là. Rick a amené son ghetto-blaster. Cool. Je dépose la 24 et je m’en cale une. J’en débouche une autre; j’la cale, j’en débouche une autre; j’la cale, j’en débouche une autre; je la mets à mes pieds pis j’te lâche un criss de rot. Les gars sont crampés. On écoute du Metallica, le son au boutte. L’album Master of puppets vient de sortir. J’ai envie de fumer un joint; je retourne au dépanneur.
- L’gros y te reste tu du hash?
- Ben oui, check dans l’sac en arrière
- Ok, marque moé le, avec un paquet d’Players
- Criss t’é fatikant Mike
- Ouan, mais j’suis ton meilleur livreur, pis j’suis beau en plus
- C’est ça, va jouer
J’reviens au parc. Y’ont tabarnaké du Slayer dans l’radio. Là j’capote. J’cale ma broue, j’en débouche une autre, pis j’me met à m’faire aller la tête. J’ai les cheveux long en ciboire. Checkez ben ça les gars; j’suis James Hetfield. J’pense pu à rien, J’suis ben. J’suis Dieu. J’me rassois un peu le temps de rouler un Bob Marley. J’met le gramme au complet. Je l’fume avec Mart pis un autre. J’cale ma bière; j’en débouche une autre. Martin m’offre une shot de Jack que je cale aussi. Là l’agressivité monte.
- On y va tu l’gros?
- Où ça?
- Casser des yeules sti.
- Pis la bière? Pis l’Jack? On cale ça avant
- Ah ouan, OK
À minuit, il restait plus rien, on part pour les foufs. On grafignes et poques des chars pendant tout le chemin. Criss qu’on n’étaient saouls. En fin de compte, j'pense qu'on s’est pas battu. J’ai rencontré une belle pitoune et on a fourré toute la nuit, mais j’m’en rappelle pu. Aujourd'hui, j’suis pas plus avancé; j'ai mal aux jointures et j’suis encore plus enragé qu’hier…