Colonel Julie Pas-d’pet, je n’irai pas par cinq chemins. Si
je vous ai convoquée ici, ce matin, ce n’est pas pour prendre le thé en
écoutant deux filles le matin, non. Si je vous ai demandé, c’est pour vous
confier une mission de la plus haute importance. Comme vous le savez sans
doute, la bière commence à manquer, ici, sur terre. Les conséquences sont désastreuses
et cela devient une menace pour notre insécurité internationale. Vous seule
pouvez nous sauvez. Votre mission, en gras, si vous l’acceptez, sera d’aller
sur Grosse-Pompe, pour reconnecter les fûts de bière au téléporteur de bière.
Bière, bière, bière. Si nous vous avons choisie, la raison en est fort
simple : Les tests en laboratoire ont prouvé hors de tous doutes, ce que
tout le monde soupçonnait déjà; vous êtes la seule personne au monde qui ne
pète pas. Les scientifiques sont parvenus à créer un laxatif si puissant qu’il
vous fera péter. Comme vous n’avez jamais péter de votre vie, notre équipe
scientifique prévoit que vous flatulerez des fleurs de toutes les couleurs, ce
qui aura pour effet de dissiper l’odeur de marde qui règne sur Grosse-Pompe et
vous permettra de vous retrouver dans l’atmosphère, qui serait toxique sinon. Vous
devrez aussi récupérer le lieutenant-colonel Casanoviev Jalouski et le sergent
Tartine Prends-ton-Trou dont le véhicule
spatial est resté stollé par manque de gaz dans la tank. Vous êtes
intelligente, infatigable et loyale, vous êtes la plus qualifiée pour cette
mission. Vos coéquipiers pour ce voyage seront le major Aphrodite Asperge et le
capitaine Valentin Cholestérol. Vous trouverez les détails de la mission au-dessus
du dash, collé au windshield de votre astro-croiseur.
Bonne chance.
C’est ainsi que nos trois compagnons se retrouvèrent en
orbite autour de la planète brune, après 6 minutes d’un voyage inter-minable.
Pas-d’Pet, qui était en parfait contrôle de la situation,
venait d’avaler la première capsule laxative qu’on lui avait donnée. Elle se
préparait à s’installer sur le péteux intergalactique, prête à fiouser, comme
l’indiquait le manuel.
La conversation radio entre le psychologue de la mission, le
major Asperge, et notre colonel ballonnée s’ensuivit :
-
Ok, Pas-d’Pet, prête pour la routine?
-
Prête.
-
Ok, vérification.
-
Parée.
-
Baissez vos nouveaux pantalons à motifs.
-
Nouveaux pantalons à motifs baissés.
-
Baissez vos bobettes.
-
Bobettes baissées.
-
Installez votre cul sur le péteux intergalactique.
-
Cul installé. Pas-d’pet sentait le ventre lui
gargouiller et était ébahie de la sensation qu’on lui avait expliqué dans le
manuel, et qu’elle ressentait.
-
Ok, maintenant, prenez la deuxième capsule.
-
Deuxième capsule avalée.
-
Tiguidou, on y va pour le décompte : 8… 7… 6… 5…
4… 3… 2… 1… Fiouse.
Tout se mit à trembler, et la lumière baissa dans la cabine,
et on entendit un immense PROOOOOOOOOUT, et ont vit à travers les hublots une
pluie de fleur, une tempête s’abattre vers la surface de Gross-Pompe. Pas-d’Pet
n’en croyait pas son cul, ça avait marché, elle l’avait fait. Toute la marde de
Grosse-Pompe se dissipât comme prévu. L’équipage se mit applaudir dans la
cabine et le capitaine Cholestérol, spécialiste de mission, s’exclama :
«Non mais quel cul elle a cette fille». Et tous, se mirent à rire.
C’est ainsi que put s’amorcer la descente en spirale de l’appareil,
prêt au grosse-pompissage. Lors de l’approche, le major Asperge et le capitaine
eurent cette discussion :
-
Vous voyez capitaine, si vous ne pétiez pas à tord et à
travers, ce que vous auriez pu accomplir.
-
Pourquoi me dites-vous cela? Vous ne m’avez jamais
entendu péter à ce que je sache.
-
Au contraire, vous ne faisiez que ça sur Molson.
-
Ce n’est pas vrai, ce n’est pas moi.
-
Si c’est vrai.
-
Non, ce n’est pas vrai.
-
Si.
-
Non.
-
Si.
-
Non.
Et s’ensuivit une suite ininterrompue de si et de non qui
dura jusqu’au retour de Pas-d’pet, le visage blême, dans le poste de pilotage.
-
Mais, qu’est-ce que vous faites, nom de Dieu? Avec vos
niaiseries, nous avons dévié de notre itinéraire.
Et elle prit les commandes et pu, juste à temps, posé le
mastodonte sur un îlot de fleurs fraîchement pétés, tout près des valves des
pompes. Tous poussèrent un soupir de soulagement. Pas-d’Pet était fière de son
coup, elle était toujours à son affaire, c’est pour ça qu’on l’avait engagée
comme astronaute au début.
Après les vérifications d’usage, Asperge, Cholestérol et
Pas-d’Pet sortirent du vaisseau et mirent le pied sur Grosse-Pompe.
L’atmosphère étant fleuri, ils purent le faire sans combinaison. Le colonel
Pas-d’Pet, ayant analysé la carte de la planète, déclara : Les valves ne
sont qu’à trois kilomètres vers le couchant. Si nous partons immédiatement,
nous serons revenus pour le souper. Cholestérol se lécha les babines et
ajouta :
-
Hum, j’espère qu’il y aura plein de baloné et de tartes
au sucre.
-
Non, pour vous, ce sera des cœurs de palmier et du
végé-paté, rectifia le Docteur Casse-fun, par radio, de son poste dans le
croiseur.
Cholestérol fie la dur (il n’aimait pas la mou), pendant que
les deux femmes le taquinait en le traitant de gros jambon et ils partirent, le
capitaine Valentin Cholestérol en avant, en éclaireur, vers la destination
définie.
À mi-chemin, Cholestérol trouva des traces de pas (le
contraire de pas de traces) qui allaient vers une caverne. Il se dit, que
c’était sans doute l’indication de la présence des astronautes à ramener. Se
dirigeant vers l’abri de roche, il vit au loin une silhouette qu’il jugea
humaine. Il balaya les fréquences radio pour essayer de communiquer, mais cela
devint inutile puisque la présence semblait se diriger vers lui en lui faisant
des signes du pied et non de la main. Il sortit le macro-viseur de son sac et
examina l’être qui se rapprochait; il reconnu le sergent Tartine
Prends-ton-Trou; oui c’était bien elle. Lorsqu’ils arrivèrent au même point, au
même moment, une flèche vint se planter devant leurs pieds.
- Kecéça câlisse? Demanda Cholestérol,
surpris et décontenancé.
- C’est Jalouski, c’est mon homme,
il m’aime, il veut me protéger.
- Voyons, il n’y a personne ici,
pas même un chat, ni un chien, ni une tortue, ni une hyène, ni une mouffette, ni
un tamanoir, ni un crotale à lunette, ni un ornythorinque, ni une pipistrelle à
tête dorée, etc, etc…
Au même moment, Cholestérol entendit le son d’une flèche qui
déchirait l’air, près de son oreille. Il se mit à terre, en protégeant sa tête.
Une voix parvint à son casque d’écoute :
-
Arrête de cruiser ma blonde Cholestérol. Tartine,
retourne dans la caverne immédiatement. Elle s’exécuta.
-
Je t’ai vu l’embrasser, Valentin, t’es un coquin.
-
Voyons, christ de sans-dessein, je ne l’ai même pas
touché.
Fioush! Une autre flèche. Cholestérol décampa aussitôt. Nous
verrons cela plus tard, pensa-t-il et il continua son chemin, sans se retourner.
Arrivé sur le site des valves, il attendit peu avant
l’arrivée de ses équipières qui l’avait suivi d’une distance respectable. Il
leur expliqua rapidement son aventure avec les astronautes perdus et se
tournant vers Asperge :
-
Vous avez les outils? Siphon?
-
Check.
-
Drano?
-
Check.
-
Papier-cul?
-
Check.
-
Carte de Bingo?
-
Check.
-
Trempette aux oignons?
-
Check.
-
Vingt-cinq cennes du Cacanada 1907 édition D avec le toupette
dans la face de la Reine peigné à l’envers?
-
Check.
-
Ok, allons-y
Et ils se mirent en mode mission pour cette partie qui était
la leur, laissant Pas-d’Pet derrière eux.
Nos deux comparses avançaient entre les fûts pendant que
Cholestérol bombardait de niaiseries Asperge, qui riait aux éclats. Il voulait
détendre l’atmosfrette. Tout à coup, entre deux jokes de newfie, il entendit
Asperge qui lui disait :
-
Oups, j’pense que je suis dans la marde. Effectivement,
elle l’était.
-
Ne bouge pas, je vais t’aider.
-
Non, non, tu ne peux rien pour moi.
-
Mais oui. Je ne peux tout de même pas te laisser là.
-
Tu ne peux rien faire. Je t’entrainerais avec moi.
Continue la mission, je trouverai un moyen d’en sortir. Elle lui lança la
sacoche d’outils.
Cholestérol, à contre cœur, la laissa là, à se débattre,
seule, et alla remplir la mission, se disant qu’il devait sûrement avoir l’air
fif avec une sacoche.
Pendant ce temps, Pas-d’Pet, qui était toujours à son poste,
reçu la visite de Jalouski. Il arrivât, la chemise détachée, d’où on pouvait
voir plein de pouèle dépasser. Il avait aussi un peu de morve sur le bord de la
narine. Ark, se dit Julie, trop dégeu. Il ne perdit pas une seconde et sans
détour, ni subtilité, il lui déballa :
-
Pas-d’Pet, je vous trouve belle.
Elle, dégoûtée, ironiquement, lui
lança :
-
Oui, oui, c’est ça,
-
Non je vous jure, je ferais n’importe quoi pour vous.
-
Y compris balancer Prends-ton-Trou?
-
Il n’y a pas de Prends-ton-Trou, elle n’est plus là,
voyons
-
Me semble. Et elle est où?
-
Ailleurs, je ne sais pas. Nous nous sommes séparés. Je
suis célibataire, je vous jure. Je vous offre cette planète, dit-il.
-
Elle est pleine de marde votre planète. Il y en a
sûrement un peu qui coule dans vos veines, lieutenant-colonel, vous sentez
franchement la marde (elle était toujours franche).
-
Vous me peiner, moi qui n’aie que de nobles intentions.
Sur cet entre-fait, ayant retrouvé Asperge qui s’était
sortie de sa flaque, à force de se débattre, Cholestérol, qui avait remplie la
mission, et celle-ci, arrivèrent de nouveau à l’entrée des valves, en gambadant
gaiement et en chantant la danse des canards. Lorsque Jalouski les vit
s’approcher, il prit la poudre pour-les-pieds-qui-pusent (Les réserves mondiales
de poudre d’escampette avaient été complètement épuisées depuis passable
Jennifer (Belle Lurette était sur d’autres contrat ailleurs (ce qui était ici
pour elle))), ayant compris que Pas-d’Pet savait tout dès le départ. Les trois
bout-en-navette (les trains n’étais plus à la mode (ok, je ne recommencerai
pas)) se firent un high-five à trois (ce qui était aussi appelé un high-thirty
(par les anglais (d’Angleterre))) et revinrent à l’astronef. Six minutes plus
tard, nos héros furent acclamés en sauveurs par les buveurs de la terre, où la
bière parvenait de nouveau.
Colonel Julie Pas-d’Pet, En mon nom et au nom du président
des Nations-Unis de la Terre, ainsi que de toute les autres racailles, je tiens
à vous remercier pour l’énorme service rendu à votre peuple. Je savais que vous
mèneriez à bien cette mission. Cependant, j’ai une question : pourquoi ne
pas avoir ramené le lieutenant-colonel Casanoviev Jalouski et le sergent
Tartine Prends-ton-Trou? Pas-d’Pet, prit un air solennel et dit
simplement :
-
Ils étaient bien dans leur marde, Monsieur, et ils
désiraient y rester.
-
Je me doutais bien que ce puant poserait problème. Vous
avez changé le code?
-
Oui. Il est si con qu’il ne le trouvera jamais, dit-elle,
en laissant filer un silencieux.
Lorsque l’odeur se rendit à leurs
narines, ils rirent d’un éclat si franc, qu’il résonne encore de nos jours.
QUE SONT-ILS DEVENUS…
Le lieutenant-colonel Casanoviev Jalouski est toujours bien
dans sa marde où il baigne chaque matin avant sa journée, sur Grosse-Pompe où
il combat toujours les moulins à vent.
Le sergent Tartine Prends-ton-Trou fait le lavage, le ménage
et la cuisine pour Monsieur. Elle n’est jamais plus sortie de son trou et est
plus tarte que jamais, mais elle est bien, elle aussi dans son caca (je suis
épuisé d’écrire le mot marde).
Le major Aphrodite Asperge a pris sa retraite de l’armée de
l’air et elle est maintenant animatrice de pastorale chez Wal-Mart. Elle
déclara un jour : «Je ne serai plus jamais dans la marde».
Le Capitaine Valentin Cholestérol, lui, vient d’écrire cette
histoire pour vous et vous assure qu’il n’utilisera plus jamais le mot marde
dans ces prochains écrits.
Quant au Colonel Julie Pas-d’Pet, elle est devenue Amirale
de la flotte internationale et elle rocke en sale.