mardi 21 mai 2013

LE SORCIER DE LA LUMIÈRE


Dans une galaxie anonyme d’un univers lointain, dans un système planétaire quelconque, sur une planète grise, informe, dont l’orbite autour de son étoile était irrégulière, un sorcier de la lumière tentait ces expériences. Cet homme n’avait qu’une fonction au sein de sa société. Il faisait fi de tout le reste. Le seul et unique but de son existence était de combattre l'obscurité, en faisant apparaître la lumière. Il s’y concentrait chaque jour, cherchant de nouvelles façons de tenir en ses mains le fluide qu’il croyait immatériel. 

Notre alchimiste photonique, un jour, par hasard, alors qu’il sortait de sa grotte, mit le pied sur une pierre en apparence grise et mate. D’ailleurs, sur sa planète, tout avait apparence de gris, leur soleil étant si éloigné que seul les rayons diffus de l’astre leurs parvenaient. Cette pierre lui piqua un peu la plante du pied, ce qui lui fit la regarder. Il s’étonna alors d’y voir une teinte rosée, couleur qu’il ne connaissait pas, se dessiner sur la surface du minéral. Il se pencha et pris la roche entre ces mains, ce qui eut pour résultat qu'elle commenca à rougir. Surpris, il la lâcha prestement, la tête pleine de questions naissantes. Il se souvint de cette autre fois où il croyait avoir trouvé la pierre incandescente; ce n’avait été qu’hallucination lui avaient diagnostiqué les herbiers. Il se mit à trembler, et faisant le signe de la foi en l’univers, il laissa la pierre et continua à vaquer à ces occupations. 

C’est alors que les phénomènes étranges se mirent à se produire. La pierre se mit à lui parler à distance en lui disant des choses, en l’apparence incohérente, comme : viens danser, ou, je suis l’oiseau qui entre dans sa cage. Notre homme, décontenancé, se mit à répondre à la pierre. Il ne comprenait pas pourquoi la pierre entrait en contact avec lui, mais, volontier, il conversait avec elle. 

Quelques jours plus tard, n’ayant que la pierre en tête, il se mit à la chercher. Il voulait comprendre. Il l’a retrouva facilement à quelques pas de sa porte. Il la prit de nouveau entre ces mains et la garda plus longtemps cette fois. Le même phénomène se reproduisit. Mais, du rouge, la roche prit une teinte jaune et chaude, puis devint blanche et brûlante. Il se brula la main comme ça. Il s’apperçut aussi que l’atmosphère s’illuminait au même moment. Il put même distinguer quelques couleurs ça et là. Mais, la pierre devenant intenable, il la lâcha, mais les couleurs, ailleurs, semblaient demeurer. Il en était stupéfait. 

Quel était donc cette pierre? D’où venait-elle?, Quel quantité de lumière pouvait-elle bien contenir? Comment la prendre? Il rentra chez lui et en ressortit aussitôt muni de pinces à longs manches et il prit la pierre. Il l’emmena dans sa caverne, pour l’étudier, et essayer de comprendre son fonctionnement. Il la déposa sur son lit et la scruta longuement, sous tous les angles. Il la toucha, encore, délicatement, pour qu’elle émette de la lumière, et cela fonctionna. Toute sa tanière s’illumina. Étonné, il lâcha le morceau et celui-ci, instantanément, se transforma en oiseau luminescent et il s’envola hors de l’enceinte. De surprises en surprises, notre sorcier devenait perplexe. Il ne put que regarder le volatile s’en aller au loin, sachant qu’il ne pouvait rien faire. 

Pendant les jours qui suivirent, l’oiseau vint souvent, par l’arrière, rendre visite à notre savant. Il apportait son lot de lumière et le remportait avec lui, chaque fois qu’il s’en retournait on ne sait où. Le sorcier observait les allées et venues de l’être volant et s’en contentait. Un peu de lumière et de fantaisie, par ci, par là, lui redonnait espoir qu’un jour tout s’illuminerait pour de bon. L’oiseau venait, lui parlait, le touchait du bout de son bec. 

Mais, un beau jour, l’oiseau cessa de lui parler et l’inquiétude gagna notre homme. L’oiseau ne revint plus pendant plusieurs jours et lorsqu’enfin il se repointa, il n’illuminait presque plus et se tint à une distance incompréhensible. Notre chercheur de lumière devint pâle et agitée. Il ne comprenait pas ce phénomène. Il ne comprenait rien à rien depuis le début en fait. Il tenta de parler à l’oiseau, mais celui-ci ne répondait plus. 

Puis, un bon matin, sans avertissement, la bête ailée, volant près de lui, se retransforma en pierre. Un craquement se fit entendre, et du colibri qu’il était, un pierre tombante pris la place et tomba au sol. Le sorcier alla prendre la pierre et plus il la tenait, plus celle-ci virait au gris. Il se mit à parler à la pierre, mais celle-ci ne lui répondait plus. Il l’a garda dans la paume de sa main, près de son cœur quelques jours, mais celle-ci ne finit jamais de refroidir et de durcir. 

Quelques temps plus tard, dans l’obscurité renouvellée, retourné à ses recherches antérieures, il prit la pierre et il alla la jeter du haut du ravin, pour l’oublier.

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