mardi 21 mai 2013

PARÉO ROUGE

…J’arrive à ton appart, il est neuf heures, j’entre, sans sonner, comme de coutume. Le chien ne jappe pas, rien ne bouge, qu’un son de plonge venant de plus loin et une toune, langoureuse, de Lila Downs. Je referme la porte derrière moi, je n’allume rien, qu’une cigarette, je range mon vélo dans le coin et je me dirige vers le fond, vers la cuisine, de mon pas lourd. Tu es de dos, devant le lavabo, à  laver la vaisselle. Tu ne portes qu’un paréo, rouge passion, qui te couvre du haut des seins au haut des cuisses. De ta voix musicale, tu me dis allo. Je ne dis rien, je suis occupé à te regarder, te mater, à te yeux-de-perversiser. Je m’approche de toi, tu tournes la tête doucement, en continuant de regarder ce que tu faisais et tu me tends tes lèvres, affamées. Je penche ma tête vers toi, toute petite, et nous échangeons un tendre baiser. Je m’assois à la table, je pose ma cigarette dans le cendrier, je dévelcrote mes sandales pendant que tu me chante : ça va? Je reste muet pendant que je pense « j’veux t’prendre, j’veux t’embrasser, j’veux t’fourrer, dret là, su’ ton comptoir». Tu me reposes ta question, sans te retourner, ça chatouille mon marteau, mon enclume, jusque dans ma peau, je m’approche de toi, je mets ma main sur ton ventre et je soulève ta crinière pour dévoiler ta nuque chaude qui me fait croire aux vampires. J’y pose mes lèvres et t’embrasse tendrement et je m’embrase lentement. De ma main, sur ton ventre, je cherche le chemin de l’ouverture, de l’exotique bande de tissu. Je la trouve, et j’ouvre ma grande main pour tout prendre, ta volupté. Je colle le bas de mon ventre sur tes fesses, tu laisses tomber ta mopette, ton assiette et tu fermes les yeux. Laissant ma bouche chatouiller ton oreille, tu laisses ma main descendre vers l’arrière de ta cuisse, que je serre comme un boulanger pétrissant son premier pain. Je t’écrase contre le comptoir, et laisse ma main remonter sur ta fesse dodue, tu lèves les talons, pour me montrer que tu approuves le projet. Je recule d’un pas, je te fais pivoter, te soulève et pose tes fesses sur le zinc, à la bonne hauteur. J’empoigne les deux lisières de ton vas-y-c’est-facile et découvre ton corps nu et frissonnant. Je te regarde et je te dis : «Sti qu’t’es belle. Wère si Dieu existe pas. J’en ai la preuve, j’ai la foi, je me convertie». J’enfouie ma tête dans ton bedon, je suis chez-moi. Je veux te posséder, maintenant. Mes yeux bifurquent vers ton paradis, vers ta promesse et je promets aussi…

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