lundi 18 mai 2009
la compétition
…Je sors des toilettes et en arrivant près de la table de billard, je me cloue sur place pour ne pas déranger le déroulement de la partie. La fille qui s’apprêtait à frapper la boule blanche, étonnamment, me tire par la manche et me demande : Connais-tu les règlements du pool? Hésitant, je réponds : Je connais les règles maison, mais ça vaut ce que ça vaut. Très bien alors, me fait-elle, je t’explique le cas. Elle me raconte comment son copain, qui écoute religieusement notre conversation, vient d’empocher la blanche et qu’ainsi c’est maintenant à son tour de jouer. Évidemment j’acquiesce d’un petit hochement de la tête. Donc je dois viser une boule qui se trouve de l’autre côté de la ligne? me questionne-t-elle, en sachant pertinemment que je vais l’appuyer par ma réponse, ce que je fais avec une mimique qui semble demander d’aller directement au point. Elle me pointe la 10 sur la table et m’interroge sur le droit de la frapper. Je m’élève sur le bout des orteils et, me penchant un peu vers l’avant, avance ma tête de sorte que j’ai une vue parfaite d’en haut. Comme je ne connais pas le vrai règlement officiel des pros de la fédération machin-truc-chose de billard, je réponds à la joueuse, honnêtement, que d’après moi, elle est en droit de jouer cette 10. J’ajoute que d’après la vue que j’ai, le centre de la boule est de l’autre côté de la limite et que le simple bon sens nous dit qu’elle peut la cogner. Elle me sourit et son copain indigné se renfrogne et, se dirigeant vers la table de ses amis, hurle qu’il s’en va demander un autre avis. Perplexe, je demande à la joueuse : Est-ce ton amoureux? Oui, s’empresse-t-elle de répondre. Vous avez de l’argent en jeu? Non, rétorque-t-elle embarrassée. Quitte-le, conclus-je indigné et, lui tournant le dos, je continue mon chemin.
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