Je suis assis dans l’escalier menant à mon appart de l’avenue des écureuils fous, tranquille. Je bois un pepsi, je fume une cigarette, la chatte prend l’air, elle broute. Une fille passe; pas trop laide, ni trop jolie, pas trop mince, ni trop grosse, pas trop blonde, ni trop brune, pas trop souriante, parfaitement souriante. Je lui rends son sourire du mieux que je peux malgré mon air difficilement respirable. Elle me dit : «Nice cat». Je réponds : «Nice girl» lorsqu’elle est rendue à l’autre coin de rue, trois jours plus tard. Je me lève et je la regarde filer, au loin, avec mes yeux de taupe aveugle.
Je me dis pourquoi pas après tout. Je me lève précipitamment, la cigarette au bec, j’attrape la minoune d’une main, et ma canette de l’autre, je gravis les six-sept marches en criant sirop, je me vide les mains dans le corridor et j’empoigne mon vélo. Quinze secondes plus tard, je suis déjà en selle et j’engage la quatorzième en direction de la fille. Je la dépasse. Le cinéma Beaubien. Je vais voir les films à l’affiche. Encore les mêmes qu’hier. Je me force à regarder, à lire. C’est plate lire quand on s’en crisse. Bon c’est assez. Je reviens par le trottoir. Je m’arrête devant elle, je la regarde dans les yeux et je lui demande :
- Tu cherche l’amour?
- …
- Moi aussi, je le cherche
- …
- Si on le cherchait à deux, nous aurions plus de chance de le trouver.
Elle sourit et se rapproche. Elle me dit :
- Tu es beau
- Alors, ça te dit? Je vais ranger mon vélo et on part. Non, tiens, je le laisse là. Donnes moi la main.
Elle lève la tête vers moi et ferme les yeux. Je l’embrasse avec la passion de Lancelot pour Guenièvre. Nous nous prenons la main et nous partons chercher l’amour.
Ben non, tabarnak. Ces histoires-là ne sont bonnes qu’à écrire. Tu veux que je te le dise ce qui est arrivé? Quand je l’ai dépassé avec mon vélo, super subtile le gars, elle m’a regardé de travers. Quand je suis arrivé devant le cinéma et que je me suis tourné vers elle, j’ai remarqué qu’elle avait ralenti le pas et qu’elle se collait sur le bord des maisons. Moi, comme un hostie de comique, je suis aller vers elle et quand je me suis arrêté devant elle, elle a crié et a fouillé nerveusement dans sa sacoche et en a sorti son poivre de cayenne qu’elle m’a aspergé vigoureusement et elle s’est sauvé en courant et en criant.
Ben non, ciboire. En réalité, j’ai continué à fumer ma cigarette et j’ai imaginé les scénarios possibles et j’en suis venu à la conclusion que je ne suis ni un Don Juan, ni un maniaque et que l’amour je vais le trouver tout seul.
lundi 31 août 2009
dimanche 9 août 2009
Une autre pinte
Je suis encore en train de me péter la face. Je dis ça parce que ça fait huit jours consécutifs que je me saoule la gueule. Pendant ce temps, je suis entré travailler mes cinq jours ouvrables de huit heures de vingt piastres, j’ai aussi dormi jusqu’à six heures, parfois, j’ai payé mes comptes à tous ces comtes qui me rappellent que je ne vis pas dans un conte, j’ai rendu leurs sourires à ceux qui m’avaient offert le leur sans me demander si c’était un leurre, j’ai mangé raisonnablement, sans sentiments, sans grand talent, je me suis ennuyé de ses cuisses, je me suis ennuyé de ses seins, je me suis ennuyé de ses yeux. S’est-elle ennuyer des miens? Tout le reste du temps, je suis resté accroché à ce biberon qui me laisse rond, mais pas moribond.
L’infirmière : - L’alcool à fortes doses me semble indiqué, ici, docteur
Le docteur : - Cela n’atténuera en rien sa blessure
L’infirmière : - Ça calmera son mal et le temps le guérira, il cicatrisera encore cette fois
Le docteur : - Est-il assez fort?
L’infirmière : - Rien ne sert de souffrir
Glou, glou, glou…Aaaaaaaaaaah, Ça va beaucoup mieux.
Pharmacien! Une autre pinte je vous prie.
L’infirmière : - L’alcool à fortes doses me semble indiqué, ici, docteur
Le docteur : - Cela n’atténuera en rien sa blessure
L’infirmière : - Ça calmera son mal et le temps le guérira, il cicatrisera encore cette fois
Le docteur : - Est-il assez fort?
L’infirmière : - Rien ne sert de souffrir
Glou, glou, glou…Aaaaaaaaaaah, Ça va beaucoup mieux.
Pharmacien! Une autre pinte je vous prie.
dimanche 2 août 2009
L'appart
C’tait l’premier step su’ ma run. Le soleil ‘tait toujours éclatant su’ son balcon. Quand j’sortais d’ma shed le matin, c’est là qu’j’allais pour commencer ma journée parc’que tout l’temps y’avait d’quoi à bouffer. A mettait t’jours les croquettes en d’ssour du barbecue pour que quand i mouille ça fasse pas d’la bouette; c’est vraiment apprécié c’genre d’attention pour un matou crotté comme moé. Quand j’me bourrais ‘a face, j’la voyais qui m’spotait a’ec ses yeux doux. A ‘vait l’air de s’ennuyer solide pour s’intéresser à un chat d’ruelle comme moé.
Une fois, a m’avait laissé une belle surprise : une canne de thon frais. J’vous dirai pas que j’tais content; j’touchais pu à terre. Pendant que j’léchais le jus dans l’fond du bol, a en a profité pour ouvrir la porte. Quand j’ai eu fini d’m’empifrer et qu’j’me su’ r’virer d’bord, j’su’ tombé face à face a’ec son pied, ou face à pied, ou qu’est-ce vous voulez. J’me su’ écrasé d’peur, j’l’ai r’gardé et j’me su’ vu dans ses beaux yeux bleus. Pis là, sans penser, j’me su’ frotté su’ sa jambe a’ec la queue en l’air. A m'a dit : «Qu’es-ce tu fais p’tit minou?» a’ec sa voix douce. J’me su’ écrasé encore. A est rentré chez elle et a laissé sa porte ouverte. J’su’ resté planté là pendant dix minutes; j’avais envie d’rentrer, mais j’avais peur; ça faisait tellement longtemps que j’tais pas entré dans un appart.
En fin de compte, j’ai pas pu résister. J’ai fais mes griffes et j’su rentré a’ec l’adrénaline dans l’tapis. La porte a claqué en arrière de moé. Là, la fille est rapparue a’ec un bol d’eau frette dans ‘es mains qu’a a mis à côté du poêle. Moé j’bougeais pas, pis j’la r’gardais, pis j’attendais qu’a fasse de quoi. A a commencé à m’parler doucement, pis a s’est approché, pis a a commencé à m’flatter. J’me su’ farmé ‘es yeux, pis j’me su’ laissé faire, pis j’ai ronronné pour la première fois depuis longtemps.
Après ça, a m’a gardé là pendant une coup’ de s’maines. Même si j’pensais pu r’tourner jamais dans un appart, faut j’admet’ que j’tais ben. Y’avait toujours une litière prop’, d’la bouffe et d’l’eau dans ‘es bols et des émissions d’animaux a tv. On dormait collés dans son litte, pis moé je l’endormais en y ronronnant dans ‘es oreilles, a m’flattait, a m’parlait, a m’faisait des bons p’tits plats, a voulait j’rest’a’ec elle. J’avais même perdu l’envie d’aller dehors. Hostie qu’j’tais ben.
Pis, un m’ment donné, d’même, sans avertiss’ment, un jour qui pleuvait, a m’a crissé a porte. A m’a jus’ dit : «tu perds trop d’pouèle». A m’a pogné, a m’a câlissé su’ l’balcon, pis a a claqué ‘a porte. J’su resté là deux jours à essayer d’comprendre c’que j’avais faite, mais j’l’ai jamais su. A m’aimait pu, that’s it
Une fois, a m’avait laissé une belle surprise : une canne de thon frais. J’vous dirai pas que j’tais content; j’touchais pu à terre. Pendant que j’léchais le jus dans l’fond du bol, a en a profité pour ouvrir la porte. Quand j’ai eu fini d’m’empifrer et qu’j’me su’ r’virer d’bord, j’su’ tombé face à face a’ec son pied, ou face à pied, ou qu’est-ce vous voulez. J’me su’ écrasé d’peur, j’l’ai r’gardé et j’me su’ vu dans ses beaux yeux bleus. Pis là, sans penser, j’me su’ frotté su’ sa jambe a’ec la queue en l’air. A m'a dit : «Qu’es-ce tu fais p’tit minou?» a’ec sa voix douce. J’me su’ écrasé encore. A est rentré chez elle et a laissé sa porte ouverte. J’su’ resté planté là pendant dix minutes; j’avais envie d’rentrer, mais j’avais peur; ça faisait tellement longtemps que j’tais pas entré dans un appart.
En fin de compte, j’ai pas pu résister. J’ai fais mes griffes et j’su rentré a’ec l’adrénaline dans l’tapis. La porte a claqué en arrière de moé. Là, la fille est rapparue a’ec un bol d’eau frette dans ‘es mains qu’a a mis à côté du poêle. Moé j’bougeais pas, pis j’la r’gardais, pis j’attendais qu’a fasse de quoi. A a commencé à m’parler doucement, pis a s’est approché, pis a a commencé à m’flatter. J’me su’ farmé ‘es yeux, pis j’me su’ laissé faire, pis j’ai ronronné pour la première fois depuis longtemps.
Après ça, a m’a gardé là pendant une coup’ de s’maines. Même si j’pensais pu r’tourner jamais dans un appart, faut j’admet’ que j’tais ben. Y’avait toujours une litière prop’, d’la bouffe et d’l’eau dans ‘es bols et des émissions d’animaux a tv. On dormait collés dans son litte, pis moé je l’endormais en y ronronnant dans ‘es oreilles, a m’flattait, a m’parlait, a m’faisait des bons p’tits plats, a voulait j’rest’a’ec elle. J’avais même perdu l’envie d’aller dehors. Hostie qu’j’tais ben.
Pis, un m’ment donné, d’même, sans avertiss’ment, un jour qui pleuvait, a m’a crissé a porte. A m’a jus’ dit : «tu perds trop d’pouèle». A m’a pogné, a m’a câlissé su’ l’balcon, pis a a claqué ‘a porte. J’su resté là deux jours à essayer d’comprendre c’que j’avais faite, mais j’l’ai jamais su. A m’aimait pu, that’s it
lundi 27 juillet 2009
Vancouver, B.C.
Je me suis réveillé marabout ce matin. 4 heures du mat quand mon réveil à sonné. Criss, 4 :00 c’est une heure pour se coucher, pas pour se lever, surtout quand t’as fait la noce jusqu’à 1 heure. Il faut admettre que j’avais pas le choix de m’activer, puisque mon avion décollait à 7. Donc, tout en marmonnant, je me suis levé, j’ai fais mes griffes et mes petits soins, j’ai donné deux trois bisous à Y. et j’ai sauté dans le taxi, direction l’aéropet.
C’était la première fois que je prenais l’avion. Hé oui, à mon âge, faut le faire, je sais, mais ça prend toujours une première fois. Après tout le niaisage qui vient avant, je suis donc monté à bord de l’appareil de la compagnie Westjet. Si je vous disais que j’étais fébrile, je serais menteur. J’étais curieux c’est certain, mais je n’avais aucune appréhension. Je n’avais que des questions du genre : j’peux tu m’servir de mon cellulaire, de mon ordi, de l’internet 3G? J’avais des doutes quand à l’utilisation de mes cossins. J’ai donc demandé à l’agent de bord. Ben hostie, le gars fait la liaison Montréal-Vancouver pis il parle pas un criss de mot de français. Je partais pour aller parler anglais pour les quatre jours suivant, pis lui il me laisse même pas une petite chance. En tout cas, j’ai eu ma réponse quand même, mais ça m’a fait chier. Ensuite à 7 heures cinq précises, le jet s’avance sur la piste. Tout d’abord lentement et en viraillant, pis finalement sur la grande piste, en accélérant jusqu’à me donner un petit feeling. En bout de piste, j’ai senti qu’on levait de terre et ça m’a chatouillé un peu plus. Ensuite, quand, quelques minutes plus tard, nous étions plus haut que les nuages, je me suis endormi pour un gros quinze minutes. Après, j’ai chiâlé dans ma tête tout le long du trajet; encore des bancs qui sont faits pour les schtroumpfs. Par contre je me suis tout de même émerveillé quand j’ai vu enfin poindre les rocheuses; vraiment impressionnant. J’ai aussi été très content d’atterrir pour pouvoir enfin bouger.
J’étais donc enfin rendu sur le sol de Vancouver. Il était 9:15 heure local; ce qui était trop tôt pour aller checker-in à l’hôtel. J’ai décidé de ne rien décider et j’ai pris la navette, direction downtown. Je suis descendu au premier arrêt avec mon seul baguage et je suis partie à pieds dans la direction qui me semblait logique, soit celle qui menait vers les plus gros édifices. J’ai monté lentement Granville Street Mall, et comme c’était dimanche et qu’il était tôt, tout était fermé. Je me sentais vraiment seul; je me demandais ce que je foutais ici tout seul alors qu’à cette heure-ci j’aurais pu me réveiller dans un lit douillet que je connaissais bien avec un ange. Cette ville semblait, comme je l’avais pensé avant, ressemblée à toutes les villes nord-américaines. Je suis difficile à impressionner et je ne dis pas cela pour vous impressionner. J’aurais même sans doute été impressionné d’être impressionné. Quand je suis finalement arrivé au bout de Granville, j’étais rendu au port. Ça m’a tout de même laissé une impression : je me sentais crissement seul. Je me suis assis sur un banc et je me suis allumé une cigarette et j’ai relaxé un peu. J’ai pris des clichés : Une soucoupe volante, un bateau à voile de géant et un héliport tout en bas du belvédère ou j’étais. Après avoir écrasé cette cigarette qui a été si bonne, je suis allé dans une direction quelconque et comme par hasard, je suis tombé sur un guichet de touristes où j’ai obtenu une carte de la ville. Maintenant, ça devenait trop intéressant; je ne savais plus ou me garocher. Comme il était midi, j’ai décidé que le mieux était d’aller porter mon sac d’une tonne à l’hôtel qui était à l’autre bout de la ville et j’ai sauté dans le Sky-Train, direction Burnaby.


C’est vraiment très bien le Sky-Train, tout comme le transport en commun en général dans cette ville; cela m’a impressionné au plus haut point. Ça m’a sauté au visage dès que je suis arrivé et que j’ai vu pour la première fois de ma vie des trolley-bus; c'est-à-dire des autobus entièrement alimentés par une ligne électrique qui sillonne les rues de la ville. Tout au long de la journée, leur système m’a fait écarquiller les yeux. Il y a même des racks à bicycle à l’avant des bus. Mais le Sky-Train, c’est vraiment parfait parce que les voitures, électriques celles-là aussi, passent par-dessus le trafic et le système est entièrement automatisé et tellement rapide. Là je ne m’ennuyais pas de Montréal, vous pouvez me croire. Je suis donc arrivé à mon hôtel en criant ciseau. J’ai déposé mon sac de deux tonnes et je suis repartie avec le petit sachet qui contenait mon téléphone, mon porte-monnaie, mon kodak et mes cigarettes…

Je suis donc remonté dans le Sky, sachant cette fois à peu près où j’allais. Je suis descendu à la station Burrard, dont le nom est sans doute dérivé de Bérard, et j’ai entrepris de descendre lentement la rue jusqu’à Kitsilano point qui m’avait été conseillé. Bien qu’il faisait chaud en calvaire, je tenais vraiment à faire cela à pieds pour pouvoir vraiment m’imprégner de l’atmosphère de la ville. Ce qui m’a frappé surtout c’est l’aspect similaire des tours, style Hong-Kong. Et comme la ville est truffée de chinois, on se croirait vraiment en Asie par moment. Aussi j’ai été secoué par le nombre de sans-abris qui erre de par la ville; il y en a vraiment beaucoup plus qu’à Montréal. Tout le long de mon trajet, je me sentais encore seul, mais ce n’était pas négatif cette fois. Je trouvais cela dommage de ne pouvoir échanger avec Y. ou M. ou A.B.C.D…J’aurais aimé échanger mes idées avec quelqu’un. Or, les seules personnes avec qui j’ai parlé étaient des gens qui me demandaient leur chemin; Ça n’a pas fait de grandes discussions. Je suis finalement arrivé au pont Burrard que j’ai traversé en admirant la vue sur la baie et enfin j’étais rendu à Kitsilano Beach.

Ce qui se remarque à Kitsilano avant tout est le nombre hallucinant de chien qui s’y trouve; il y avait plus de canins dans l’eau que d’humains; ça m’a aussitôt coupé l’envie de m’y baigner, mais pour la vue sur la baie et la mer, ça valait vraiment le déplacement. Je suis resté là deux bonnes heures à regarder les gens et la mer et à prendre du soleil qui ne reviendra sans doute pas avec moi à Montréal. Un coup toasté, je suis revenu sur mes pas jusqu’au Sky, mais non sans arrêter manger un Japadog qui était une grosse saucisse de porc dans un pain et garni d’un genre de choucroute japonaise, d’échalottes et de sauce teriyaki. C’était vraiment très bon. Ils vendent cela à partir de leur Barbecue qu’ils stationnent sur la rue. Quand H. m’a téléphoné pour me demander ce que je faisais, j’étais bien content de la mystifier en lui disant que je mangeais un japadog au coin des rues Smithe et Burrard. Ensuite j’ai repris le Sky, brûlé, jusqu’à l’hôtel et je vais dormir comme un bébé.

Mais, avant de vous quitter je me dois de mentionner qu’ici les gens sont très gentils et facile d’approche et qu’aussi ils savent conduire en laissant la chance aux piétons de ne pas se faire écraser. Montréalais, apprenons des Vancouverois.
C’était la première fois que je prenais l’avion. Hé oui, à mon âge, faut le faire, je sais, mais ça prend toujours une première fois. Après tout le niaisage qui vient avant, je suis donc monté à bord de l’appareil de la compagnie Westjet. Si je vous disais que j’étais fébrile, je serais menteur. J’étais curieux c’est certain, mais je n’avais aucune appréhension. Je n’avais que des questions du genre : j’peux tu m’servir de mon cellulaire, de mon ordi, de l’internet 3G? J’avais des doutes quand à l’utilisation de mes cossins. J’ai donc demandé à l’agent de bord. Ben hostie, le gars fait la liaison Montréal-Vancouver pis il parle pas un criss de mot de français. Je partais pour aller parler anglais pour les quatre jours suivant, pis lui il me laisse même pas une petite chance. En tout cas, j’ai eu ma réponse quand même, mais ça m’a fait chier. Ensuite à 7 heures cinq précises, le jet s’avance sur la piste. Tout d’abord lentement et en viraillant, pis finalement sur la grande piste, en accélérant jusqu’à me donner un petit feeling. En bout de piste, j’ai senti qu’on levait de terre et ça m’a chatouillé un peu plus. Ensuite, quand, quelques minutes plus tard, nous étions plus haut que les nuages, je me suis endormi pour un gros quinze minutes. Après, j’ai chiâlé dans ma tête tout le long du trajet; encore des bancs qui sont faits pour les schtroumpfs. Par contre je me suis tout de même émerveillé quand j’ai vu enfin poindre les rocheuses; vraiment impressionnant. J’ai aussi été très content d’atterrir pour pouvoir enfin bouger.
J’étais donc enfin rendu sur le sol de Vancouver. Il était 9:15 heure local; ce qui était trop tôt pour aller checker-in à l’hôtel. J’ai décidé de ne rien décider et j’ai pris la navette, direction downtown. Je suis descendu au premier arrêt avec mon seul baguage et je suis partie à pieds dans la direction qui me semblait logique, soit celle qui menait vers les plus gros édifices. J’ai monté lentement Granville Street Mall, et comme c’était dimanche et qu’il était tôt, tout était fermé. Je me sentais vraiment seul; je me demandais ce que je foutais ici tout seul alors qu’à cette heure-ci j’aurais pu me réveiller dans un lit douillet que je connaissais bien avec un ange. Cette ville semblait, comme je l’avais pensé avant, ressemblée à toutes les villes nord-américaines. Je suis difficile à impressionner et je ne dis pas cela pour vous impressionner. J’aurais même sans doute été impressionné d’être impressionné. Quand je suis finalement arrivé au bout de Granville, j’étais rendu au port. Ça m’a tout de même laissé une impression : je me sentais crissement seul. Je me suis assis sur un banc et je me suis allumé une cigarette et j’ai relaxé un peu. J’ai pris des clichés : Une soucoupe volante, un bateau à voile de géant et un héliport tout en bas du belvédère ou j’étais. Après avoir écrasé cette cigarette qui a été si bonne, je suis allé dans une direction quelconque et comme par hasard, je suis tombé sur un guichet de touristes où j’ai obtenu une carte de la ville. Maintenant, ça devenait trop intéressant; je ne savais plus ou me garocher. Comme il était midi, j’ai décidé que le mieux était d’aller porter mon sac d’une tonne à l’hôtel qui était à l’autre bout de la ville et j’ai sauté dans le Sky-Train, direction Burnaby.
C’est vraiment très bien le Sky-Train, tout comme le transport en commun en général dans cette ville; cela m’a impressionné au plus haut point. Ça m’a sauté au visage dès que je suis arrivé et que j’ai vu pour la première fois de ma vie des trolley-bus; c'est-à-dire des autobus entièrement alimentés par une ligne électrique qui sillonne les rues de la ville. Tout au long de la journée, leur système m’a fait écarquiller les yeux. Il y a même des racks à bicycle à l’avant des bus. Mais le Sky-Train, c’est vraiment parfait parce que les voitures, électriques celles-là aussi, passent par-dessus le trafic et le système est entièrement automatisé et tellement rapide. Là je ne m’ennuyais pas de Montréal, vous pouvez me croire. Je suis donc arrivé à mon hôtel en criant ciseau. J’ai déposé mon sac de deux tonnes et je suis repartie avec le petit sachet qui contenait mon téléphone, mon porte-monnaie, mon kodak et mes cigarettes…
Je suis donc remonté dans le Sky, sachant cette fois à peu près où j’allais. Je suis descendu à la station Burrard, dont le nom est sans doute dérivé de Bérard, et j’ai entrepris de descendre lentement la rue jusqu’à Kitsilano point qui m’avait été conseillé. Bien qu’il faisait chaud en calvaire, je tenais vraiment à faire cela à pieds pour pouvoir vraiment m’imprégner de l’atmosphère de la ville. Ce qui m’a frappé surtout c’est l’aspect similaire des tours, style Hong-Kong. Et comme la ville est truffée de chinois, on se croirait vraiment en Asie par moment. Aussi j’ai été secoué par le nombre de sans-abris qui erre de par la ville; il y en a vraiment beaucoup plus qu’à Montréal. Tout le long de mon trajet, je me sentais encore seul, mais ce n’était pas négatif cette fois. Je trouvais cela dommage de ne pouvoir échanger avec Y. ou M. ou A.B.C.D…J’aurais aimé échanger mes idées avec quelqu’un. Or, les seules personnes avec qui j’ai parlé étaient des gens qui me demandaient leur chemin; Ça n’a pas fait de grandes discussions. Je suis finalement arrivé au pont Burrard que j’ai traversé en admirant la vue sur la baie et enfin j’étais rendu à Kitsilano Beach.
Ce qui se remarque à Kitsilano avant tout est le nombre hallucinant de chien qui s’y trouve; il y avait plus de canins dans l’eau que d’humains; ça m’a aussitôt coupé l’envie de m’y baigner, mais pour la vue sur la baie et la mer, ça valait vraiment le déplacement. Je suis resté là deux bonnes heures à regarder les gens et la mer et à prendre du soleil qui ne reviendra sans doute pas avec moi à Montréal. Un coup toasté, je suis revenu sur mes pas jusqu’au Sky, mais non sans arrêter manger un Japadog qui était une grosse saucisse de porc dans un pain et garni d’un genre de choucroute japonaise, d’échalottes et de sauce teriyaki. C’était vraiment très bon. Ils vendent cela à partir de leur Barbecue qu’ils stationnent sur la rue. Quand H. m’a téléphoné pour me demander ce que je faisais, j’étais bien content de la mystifier en lui disant que je mangeais un japadog au coin des rues Smithe et Burrard. Ensuite j’ai repris le Sky, brûlé, jusqu’à l’hôtel et je vais dormir comme un bébé.
Mais, avant de vous quitter je me dois de mentionner qu’ici les gens sont très gentils et facile d’approche et qu’aussi ils savent conduire en laissant la chance aux piétons de ne pas se faire écraser. Montréalais, apprenons des Vancouverois.
mardi 21 juillet 2009
La plénitude
L’Évocation du mur
La surprise
Le questionnement
L’interrogatoire
La mauvaise surprise
Les aveux
Le prévisible
Le frein
Le relâchement
La communication
L’acceptation
La plénitude
Le réalisme
L’avenue Laurier
La pluie
En d’sous des trains
Le ciment blanc
L’hostie d’côte
Mon minou
Mon pub
Mes chums
Ma bière
Ce crayon
Elle
La surprise
Le questionnement
L’interrogatoire
La mauvaise surprise
Les aveux
Le prévisible
Le frein
Le relâchement
La communication
L’acceptation
La plénitude
Le réalisme
L’avenue Laurier
La pluie
En d’sous des trains
Le ciment blanc
L’hostie d’côte
Mon minou
Mon pub
Mes chums
Ma bière
Ce crayon
Elle
dimanche 19 juillet 2009
Course folle
Je suis le copilote d’un véhicule qui file à un rythme effréné. Je suis le passager d’une décapotable rouge qui fonce vers un mur infranchissable. Ce mur je ne le vois pas maintenant, mais il existe; je l’ai vu dès le début. Étrangement, plus nous avançons vers ce mur et moins je le vois; il devient flou. Je n’y crois pas moins pour autant, mais je ne peux plus le situer, alors je crains que nous le percutions et ça m’excites.
Quand elle est venue me proposer cette course, alors que j’étais au bord de la route depuis un bon bout de temps, la chose qu’elle m’a demandée c’était : « Tu vois ce mur là-bas, au loin? Si tu veux, tu monte avec moi et je t’amène jusqu’au mur. Tu auras fais un bout au moins» J’ai répondu que je ne désirais pas aller me péter la face contre ce mur. Elle a rétorqué que nous n’étions pas obligés d’aller absolument se fracasser contre le mur, mais simplement que nous ne pourrions aller au-delà, c’est tout. J’ai ajouté que je n’aimais pas les balades du dimanche. «Moi c’est 100 à l’heure, sinon je marche» que je lui ai dit. Elle a ouvert la portière, sans rien dire. J’ai craché par terre, je suis monté et l’ai embrassée passionnément. Depuis, nous accélérons sans cesse; le 100 à l’heure est largement dépassé. Je suis incapable de jauger la vélocité que nous avons atteinte. Elle me dit que je peux descendre quand je veux, que je n’ai qu’à lui dire de freiner, mais ça je n’en serai jamais capable; le mot frein est effacé de ma mémoire. Il est impossible de sauter du véhicule en marche; ça ferait autant de casse qui si je m’écrasais sur le mur. Je suis grisé et elle aussi. Je ne lui demande pas si elle voit le mur puisque je sais qu’elle le voit; c’est son mur. Je la laisse conduire et je lui fais l’amour et nous accélérons. Je ne regarde même plus à l’extérieur de notre bagnole, je n’ai de yeux que pour elle, ses cuisses, ses seins. Et dès que je reprends mon souffle, je la reprends elle aussi et je pense au mur; je ne dois l’oublier à aucun prix, même si je ne le vois pas. Je sais que nous n’avons pas changé de cap et que nous freinerons à temps, mais l’inertie... Je sais que le fin du trip arrivera et je crois que c’est cela qui rend la course plus folle. Tout est trop lent en dehors de notre progression. Nous irons jusqu’au mur, je descendrai du bolide, j’escaladerai difficilement ce mur et je continuerai mon chemin au-delà à pieds.
Quand elle est venue me proposer cette course, alors que j’étais au bord de la route depuis un bon bout de temps, la chose qu’elle m’a demandée c’était : « Tu vois ce mur là-bas, au loin? Si tu veux, tu monte avec moi et je t’amène jusqu’au mur. Tu auras fais un bout au moins» J’ai répondu que je ne désirais pas aller me péter la face contre ce mur. Elle a rétorqué que nous n’étions pas obligés d’aller absolument se fracasser contre le mur, mais simplement que nous ne pourrions aller au-delà, c’est tout. J’ai ajouté que je n’aimais pas les balades du dimanche. «Moi c’est 100 à l’heure, sinon je marche» que je lui ai dit. Elle a ouvert la portière, sans rien dire. J’ai craché par terre, je suis monté et l’ai embrassée passionnément. Depuis, nous accélérons sans cesse; le 100 à l’heure est largement dépassé. Je suis incapable de jauger la vélocité que nous avons atteinte. Elle me dit que je peux descendre quand je veux, que je n’ai qu’à lui dire de freiner, mais ça je n’en serai jamais capable; le mot frein est effacé de ma mémoire. Il est impossible de sauter du véhicule en marche; ça ferait autant de casse qui si je m’écrasais sur le mur. Je suis grisé et elle aussi. Je ne lui demande pas si elle voit le mur puisque je sais qu’elle le voit; c’est son mur. Je la laisse conduire et je lui fais l’amour et nous accélérons. Je ne regarde même plus à l’extérieur de notre bagnole, je n’ai de yeux que pour elle, ses cuisses, ses seins. Et dès que je reprends mon souffle, je la reprends elle aussi et je pense au mur; je ne dois l’oublier à aucun prix, même si je ne le vois pas. Je sais que nous n’avons pas changé de cap et que nous freinerons à temps, mais l’inertie... Je sais que le fin du trip arrivera et je crois que c’est cela qui rend la course plus folle. Tout est trop lent en dehors de notre progression. Nous irons jusqu’au mur, je descendrai du bolide, j’escaladerai difficilement ce mur et je continuerai mon chemin au-delà à pieds.
dimanche 12 juillet 2009
Calamité
Mardi dernier, après ma journée de travail, je suis allé quérir Calamité, au parc Molson. Calamité est un lutin. En fait, elle est une lutinette. Mon amie Cannelle ayant besoin de repos pour quelques temps, m’a demandé de bien vouloir la prendre sous mon aile. Un lutin chez moi; comment refuser cela…
J’espérais retrouver Calamité dans un des creux de la statue laide, au milieu du parc. En principe, c’est là que le mari de Cannelle avait dû la déposer. Je me suis approché de l’œuvre, avec un sac de minouches et, comme sa maîtresse me l’avait dit, j’ai brassé le contenant un peu et j’ai vu le petit être poindre. Je lui ai fais un sourire, j’ai ouvert mon sac à dos et j’ai foutu les gâteries dedans. Calamité y a sauté sans aucune retenue. J’ai zippé mon sac, et j’ai descendu l’avenue des écureuils fous jusque chez-moi.
Arrivé à l’appartement, j’ai fermé la porte derrière moi et j’ai tiré les rideaux pour être à l’abri des regards d’écornifleux. J’ai déposé mon sac et l’ai rouvert. La petite était couchée dans le fond et elle se tenait le ventre à deux mains. Le sac de minouches était complètement à sec. Gourmande, que je lui ai dit, sur un ton bon enfant. Elle m’a souri timidement et s’est sorti la tête hors du sac. Megane, ma chatte, quand elle a vu la lutine, s’est amené en courant en faisant des kshhhh. J’ai tout juste eu le temps de m’interposer entre eux. «Wô, les moteurs» que j’ai crié à Megane. La chatte a freiné sur un dix cents et s’est mise à renifler bruyamment la petite, de haut en bas et de gauche à droite. Son poil qui, juste avant, était hérissé s’est couché d’un coup et elle s’est assise, en souriant, comme si elle attendait quelque chose. Je me suis gratté la tête, perplexe, j’ai haussé les épaules et je les ai laissé faire connaissance, à leur manière, et je suis allé faire quelques trucs à la cuisine. Par après, quand je suis revenu au salon, j’ai voulu amadouer la lutinette, mais sans grand succès. J’ai essayé de lui commander de m’apporter une cigarette ou une bière, comme Cannelle le faisait, mais il n’y avait rien à faire. Cet être se foutait de ma gueule, parce qu’elle riait sans cesse, comme si j’avais une tête de clown. Elle a passé la majeure partie de la soirée à se laisser vibrer par le ventilo sur lequel elle est restée assise. Je me suis dit, non sans un effort colossal, que je devais l’ignorer, attendre qu’elle vienne à moi, la laisser m’observer pour le temps qu’elle le jugera nécessaire. Nous ne nous comprenons pas par des mots, mais mes actes parleront. À la fin de la soirée, j’ai vidé un tiroir et j’y ai installé une oreiller en guise de lit pour Calamité. J’ai fermé portes et fenêtres et ai souhaité une bonne nuit à la petite rouquine en lui soufflant un bisou; je crois que ça l’a gênée un tout petit peu. J’ai éteint l’éclairage et me suis mis au lit.
Lorsque je me suis réveillé le lendemain, Calamité n’était pas dans son lit. Je me demande si elle l’a utilisé cette nuit là. Je me suis allumé une cigarette et je suis allé la trouver; elle était complètement immergée dans la poubelle. Je me suis approché, l’ai prise par les pieds, et l’ai extraite de ce tas de détritus. Je lui ai demandé ce qu’elle faisait là et pour toute réponse elle m'a montré ses crocs. Je l’ai traînée par les pieds jusqu’au frigidaire, et lui ai sorti le sac de matières compostables que je lui avais réservé. Quand j’ai été certain qu’elle comprenait mon intention, je l’ai déposée par terre. J’ai pris une certaine quantité de matière que j’ai foutu dans un des bols à Megane et j’y ai ajouté de la confiture de framboises. Résultat : La lutine à kické le bol violemment. «Bon, qu’est-ce qui a encore?» que j’ai crié. Elle s’est rapprochée du bol et a commencé à tasser la confiture avec ses petites menottes. «Hostie que je connais rien» J’étais certain que les lutins aimaient les confitures. J’ai rincé ses aliments et je lui ai resservi le tout. Elle m’a souri et je suis partie travailler en espérant que ça se passerait bien avec la minoune.
Quand je suis revenu à la maison après le travail et que j’ai vu ce qui se passait, je suis tombé sur le cul : Megane et Calamité étaient lovés en cuiller dans la boite de la chatte! Je n’ai pas fait de bruit, j’ai sorti mon appareil-photo et j’ai tiré un cliché. Eh ben merde, il n’y a que Megane qui apparait sur la photo. Je me suis rappelé que Cannelle m’en avait parlé. Je vais faire mon enquête là-dessus. Après le souper, je suis venu m’assoir sur le divan et j’ai interpellé Megane pour la caresser un peu. Comme elle approchait, Calamité à crié : «Paldoc bliskë wortâ». La féline s’est arrêté net et est allé vers la mini. La lutine d’un bond s’est retrouvé sur l’animal. Calamité montait Mégane, comme si la chatte avait toujours été sa monture. J’étais subjugué, parce que la chatte déteste tout être vivant qui n’est pas moi, et maintenant, elle semblait prendre un plaisir fou à trimbaler Calamité. Le petit être lui parlait au creux de l’oreille, dans une langue que je ne connais pas. Je crois qu’elle l’a commandait en lui tirant légèrement les oreilles. Toute la soirée durant, elles se sont promenées, d’un bout à l’autre de l’appart; tantôt au trot, tantôt au galop. Les deux riaient, alors je les ai laissé faire. Quant à moi, Calamité semblait maintenant m’ignorer. En fait, les deux êtres m’ignoraient. Ça m’a fait un peu mal, mais je me suis dit que je devais camper sur mes positions. Je me suis dit que quand elles auraient faim, elles seraient bien obligés de venir me têter, et c’est à ce moment que je reprendrais le contrôle.
Le lendemain, au retour du boulot, j’ai eu droit à une surprise très désagréable : Tout d’abord quand j’ai ouvert ma porte, mes deux tannantes sont passées entre mes jambes et se sont enfuis au galop. J’ai crié : «Megane», j’ai tapé du pied et j’ai même couru derrière elles, mais je n’étais pas assez rapide. J’ai finalement abandonné en me disant qu’elles reviendraient tôt ou tard. Je suis revenu à l’appart et quand j’ai vu l’état des lieux, j’ai hurlé. C’était un tel fouillis; le logement au complet était sans dessus-dessous. J’ai ramassé du mieux que je pouvais et je me suis assis devant la télé. Plus la soirée avançait et plus je m’inquiétais. «Cannelle va me tuer c’est certain» que je pensais sans cesse. Et Megane ne fugue jamais aussi longtemps. C’est si étrange tout cela.
Il y a désormais trois jours qu’elles sont parties et je ne sais plus quoi faire. J’hésite à en parler avec Cannelle. Depuis, je me promène dans les ruelles du quartier à leur recherche et je désespère. J’ai préparé des affiches avec la photo que j’avais prise d’elles dans la boîte lorsqu’elles dormaient, mais comme on ne voit pas Calamité, j’espère tout de même qu’on reconnaitra le félin. Je me croise les doigts…
J’espérais retrouver Calamité dans un des creux de la statue laide, au milieu du parc. En principe, c’est là que le mari de Cannelle avait dû la déposer. Je me suis approché de l’œuvre, avec un sac de minouches et, comme sa maîtresse me l’avait dit, j’ai brassé le contenant un peu et j’ai vu le petit être poindre. Je lui ai fais un sourire, j’ai ouvert mon sac à dos et j’ai foutu les gâteries dedans. Calamité y a sauté sans aucune retenue. J’ai zippé mon sac, et j’ai descendu l’avenue des écureuils fous jusque chez-moi.
Arrivé à l’appartement, j’ai fermé la porte derrière moi et j’ai tiré les rideaux pour être à l’abri des regards d’écornifleux. J’ai déposé mon sac et l’ai rouvert. La petite était couchée dans le fond et elle se tenait le ventre à deux mains. Le sac de minouches était complètement à sec. Gourmande, que je lui ai dit, sur un ton bon enfant. Elle m’a souri timidement et s’est sorti la tête hors du sac. Megane, ma chatte, quand elle a vu la lutine, s’est amené en courant en faisant des kshhhh. J’ai tout juste eu le temps de m’interposer entre eux. «Wô, les moteurs» que j’ai crié à Megane. La chatte a freiné sur un dix cents et s’est mise à renifler bruyamment la petite, de haut en bas et de gauche à droite. Son poil qui, juste avant, était hérissé s’est couché d’un coup et elle s’est assise, en souriant, comme si elle attendait quelque chose. Je me suis gratté la tête, perplexe, j’ai haussé les épaules et je les ai laissé faire connaissance, à leur manière, et je suis allé faire quelques trucs à la cuisine. Par après, quand je suis revenu au salon, j’ai voulu amadouer la lutinette, mais sans grand succès. J’ai essayé de lui commander de m’apporter une cigarette ou une bière, comme Cannelle le faisait, mais il n’y avait rien à faire. Cet être se foutait de ma gueule, parce qu’elle riait sans cesse, comme si j’avais une tête de clown. Elle a passé la majeure partie de la soirée à se laisser vibrer par le ventilo sur lequel elle est restée assise. Je me suis dit, non sans un effort colossal, que je devais l’ignorer, attendre qu’elle vienne à moi, la laisser m’observer pour le temps qu’elle le jugera nécessaire. Nous ne nous comprenons pas par des mots, mais mes actes parleront. À la fin de la soirée, j’ai vidé un tiroir et j’y ai installé une oreiller en guise de lit pour Calamité. J’ai fermé portes et fenêtres et ai souhaité une bonne nuit à la petite rouquine en lui soufflant un bisou; je crois que ça l’a gênée un tout petit peu. J’ai éteint l’éclairage et me suis mis au lit.
Lorsque je me suis réveillé le lendemain, Calamité n’était pas dans son lit. Je me demande si elle l’a utilisé cette nuit là. Je me suis allumé une cigarette et je suis allé la trouver; elle était complètement immergée dans la poubelle. Je me suis approché, l’ai prise par les pieds, et l’ai extraite de ce tas de détritus. Je lui ai demandé ce qu’elle faisait là et pour toute réponse elle m'a montré ses crocs. Je l’ai traînée par les pieds jusqu’au frigidaire, et lui ai sorti le sac de matières compostables que je lui avais réservé. Quand j’ai été certain qu’elle comprenait mon intention, je l’ai déposée par terre. J’ai pris une certaine quantité de matière que j’ai foutu dans un des bols à Megane et j’y ai ajouté de la confiture de framboises. Résultat : La lutine à kické le bol violemment. «Bon, qu’est-ce qui a encore?» que j’ai crié. Elle s’est rapprochée du bol et a commencé à tasser la confiture avec ses petites menottes. «Hostie que je connais rien» J’étais certain que les lutins aimaient les confitures. J’ai rincé ses aliments et je lui ai resservi le tout. Elle m’a souri et je suis partie travailler en espérant que ça se passerait bien avec la minoune.
Quand je suis revenu à la maison après le travail et que j’ai vu ce qui se passait, je suis tombé sur le cul : Megane et Calamité étaient lovés en cuiller dans la boite de la chatte! Je n’ai pas fait de bruit, j’ai sorti mon appareil-photo et j’ai tiré un cliché. Eh ben merde, il n’y a que Megane qui apparait sur la photo. Je me suis rappelé que Cannelle m’en avait parlé. Je vais faire mon enquête là-dessus. Après le souper, je suis venu m’assoir sur le divan et j’ai interpellé Megane pour la caresser un peu. Comme elle approchait, Calamité à crié : «Paldoc bliskë wortâ». La féline s’est arrêté net et est allé vers la mini. La lutine d’un bond s’est retrouvé sur l’animal. Calamité montait Mégane, comme si la chatte avait toujours été sa monture. J’étais subjugué, parce que la chatte déteste tout être vivant qui n’est pas moi, et maintenant, elle semblait prendre un plaisir fou à trimbaler Calamité. Le petit être lui parlait au creux de l’oreille, dans une langue que je ne connais pas. Je crois qu’elle l’a commandait en lui tirant légèrement les oreilles. Toute la soirée durant, elles se sont promenées, d’un bout à l’autre de l’appart; tantôt au trot, tantôt au galop. Les deux riaient, alors je les ai laissé faire. Quant à moi, Calamité semblait maintenant m’ignorer. En fait, les deux êtres m’ignoraient. Ça m’a fait un peu mal, mais je me suis dit que je devais camper sur mes positions. Je me suis dit que quand elles auraient faim, elles seraient bien obligés de venir me têter, et c’est à ce moment que je reprendrais le contrôle.
Le lendemain, au retour du boulot, j’ai eu droit à une surprise très désagréable : Tout d’abord quand j’ai ouvert ma porte, mes deux tannantes sont passées entre mes jambes et se sont enfuis au galop. J’ai crié : «Megane», j’ai tapé du pied et j’ai même couru derrière elles, mais je n’étais pas assez rapide. J’ai finalement abandonné en me disant qu’elles reviendraient tôt ou tard. Je suis revenu à l’appart et quand j’ai vu l’état des lieux, j’ai hurlé. C’était un tel fouillis; le logement au complet était sans dessus-dessous. J’ai ramassé du mieux que je pouvais et je me suis assis devant la télé. Plus la soirée avançait et plus je m’inquiétais. «Cannelle va me tuer c’est certain» que je pensais sans cesse. Et Megane ne fugue jamais aussi longtemps. C’est si étrange tout cela.
Il y a désormais trois jours qu’elles sont parties et je ne sais plus quoi faire. J’hésite à en parler avec Cannelle. Depuis, je me promène dans les ruelles du quartier à leur recherche et je désespère. J’ai préparé des affiches avec la photo que j’avais prise d’elles dans la boîte lorsqu’elles dormaient, mais comme on ne voit pas Calamité, j’espère tout de même qu’on reconnaitra le félin. Je me croise les doigts…
dimanche 5 juillet 2009
Blogue
…C’est vraiment humide, depuis la St-Jean, dans mon appart. Je démarre donc le ventilo, j’enlève mon t-shirt et j’installe mon portable sur mes genoux. Vous, les filles qui me lisez, ne vous faites pas d’illusion. Y’a rien à voir, je suis bien ordinaire. Mais bon, si vous préférez vous imaginer un genre de Brad Pitt avec des pecs d’enfer et un sourire qui tue, ça ne me dérange pas, ça vous appartient, mais je vous aurez avertis. Je me demande ce que je peux bien écrire ce soir pour vous divertir un peu. Je ne devrais peut-être pas me poser cette question, mais, c’est désormais devenu plus fort que moi. Dire qu’il n’y a pas si longtemps, je n’écrivais que pour moi. Je croyais même que cela me suffisait amplement. Je barbouillais, seul dans mon coin et personne n’avait jamais eu le droit de me lire. À quoi bon exposer mes trucs?, que je me demandais. Pour me faire juger? Me faire démolir? Je ne voulais pas m’exposer. Je voulais rester sauvage. Personne ne pouvait me comprendre de toute façon. Je le faisais pour moi, pour me rappeler, pour chasser certaines pensées de ma tête, comme thérapie.
Mais, un beau jour de mai dernier, j’ai croisé une certaine fille, dans un certain parc. Je ne suis pas porté, naturellement, à aller vers les gens que je ne connais pas. Mais, comme je dérivais, l’appel de la sirène, m’a irrésistiblement attiré. Avec sa guitare, elle chantait : «Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours» de Richard Desjardins. Je me suis approché et lui ai demandé, doucement, si je pouvais m’étendre tout près pour l’écouter. Pour me laisser bercer, que je pensais au fond. Elle m’a souri et m’a assuré qu’elle ne jouait pas bien. Je m’en fous, que j’ai répondu. Je me suis fermé les yeux et l’ai écoutée. Je me suis rapidement sentis privilégié, de pouvoir retrouver un peu le cap, grâce à sa voix qui, elle, était sans conteste douce et sensible. Elle a même joué : «Vogue, vogue tout le long de la rivière. Vogue, vogue mon joli petit bateau». Ça m’a vraiment réchauffé le cœur, puisque ça me ramenait à ma tendre enfance. J’ai souri, je riais presque, je retrouvais mon innocence pour quelques instants.
Puis nous avons eu cette discussion qui, tel un vent favorable, à gonflée mes voiles pour que je puisse me rendre devant cette immensité qu’est l’océan de l’écriture à dessein. Je ne connaissais à peu près pas le monde des blogues et comme je lui ai dit : «Les blogues c’est pour les exhibitionnistes, les show-offs. Moi j’écris pour moi et je n’ai rien à foutre d’être lu ou non» Elle m’a alors demandé : «Pourquoi tu écris alors?» Je ne me souviens pas ce que j’ai répondu, mais c’était sûrement une connerie pour ne pas perdre la face. Avant de partir, elle m’a laissé l’adresse de son blogue. Par la suite, je suis allé jeter un œil sur le blogue de la demoiselle et j’ai réfléchi pendant une bonne semaine à la question. Au terme de cette période, j’étais devenu comme obsédé, je voulais mon blogue moi aussi. J’avais quelque chose à dire. Aussi, je me demandais depuis tellement longtemps ce que mes écrits valaient réellement. «Je vais en avoir le cœur net» que je me suis dit.
Alors, pif, paf, une semaine après avoir dis que les blogues c’est de la marde, voilà que j’ouvrais le mien. L’expression «Y’a juste les fous qui ne changent pas d’idées» prenait tout sons sens. Quoi qu’à bien y penser ce serait mieux si je disais : «les fous peuvent aussi peuvent changer d’idées». Je suis allé sur le site de blogspot, j’ai suivi les étapes et dans la même journée, j’avais mon propre blogue. Je me disais que peut-être ce n’était qu’une blague, et de mauvais goût; c’était donc à suivre. Après avoir mis trois textes en ligne, j’ai envoyé un courriel à tous mes meilleurs amis et je me suis croisé les doigts. Quand les premiers commentaires sont rentrés, c’est là que j’ai compris toute l’ampleur de ce dans quoi je m’étais embarqué; je jubilais. Ça n’a pas été long que je suis devenu accroc et depuis, de jour en jour, je prends goût à ce style de vie. Je passe beaucoup de mes temps libres à écrire. En fait j’écris plus en un mois maintenant, que j’écrivais en un an avant. J’essaie de m’améliorer et tente de parfaire mon français. Je sais que j’ai beaucoup d’espace à combler, mais le vent continue de souffler dans la bonne direction. «Vogue, vogue tout le long de la rivière. Vogue, vogue mon joli petit bateau.
Ce que je trouve difficile par contre, c’est le faible nombre de commentaires qui me sont adressés pour chaque texte. Je n’en reviens pas d’être devenu addict de ça, moi si sauvage et solitaire. Mais bon, il faut que je sois patient, On ne traverse pas l’atlantique en un jour. Vogue, vogue…
Merci Dominique
Mais, un beau jour de mai dernier, j’ai croisé une certaine fille, dans un certain parc. Je ne suis pas porté, naturellement, à aller vers les gens que je ne connais pas. Mais, comme je dérivais, l’appel de la sirène, m’a irrésistiblement attiré. Avec sa guitare, elle chantait : «Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours» de Richard Desjardins. Je me suis approché et lui ai demandé, doucement, si je pouvais m’étendre tout près pour l’écouter. Pour me laisser bercer, que je pensais au fond. Elle m’a souri et m’a assuré qu’elle ne jouait pas bien. Je m’en fous, que j’ai répondu. Je me suis fermé les yeux et l’ai écoutée. Je me suis rapidement sentis privilégié, de pouvoir retrouver un peu le cap, grâce à sa voix qui, elle, était sans conteste douce et sensible. Elle a même joué : «Vogue, vogue tout le long de la rivière. Vogue, vogue mon joli petit bateau». Ça m’a vraiment réchauffé le cœur, puisque ça me ramenait à ma tendre enfance. J’ai souri, je riais presque, je retrouvais mon innocence pour quelques instants.
Puis nous avons eu cette discussion qui, tel un vent favorable, à gonflée mes voiles pour que je puisse me rendre devant cette immensité qu’est l’océan de l’écriture à dessein. Je ne connaissais à peu près pas le monde des blogues et comme je lui ai dit : «Les blogues c’est pour les exhibitionnistes, les show-offs. Moi j’écris pour moi et je n’ai rien à foutre d’être lu ou non» Elle m’a alors demandé : «Pourquoi tu écris alors?» Je ne me souviens pas ce que j’ai répondu, mais c’était sûrement une connerie pour ne pas perdre la face. Avant de partir, elle m’a laissé l’adresse de son blogue. Par la suite, je suis allé jeter un œil sur le blogue de la demoiselle et j’ai réfléchi pendant une bonne semaine à la question. Au terme de cette période, j’étais devenu comme obsédé, je voulais mon blogue moi aussi. J’avais quelque chose à dire. Aussi, je me demandais depuis tellement longtemps ce que mes écrits valaient réellement. «Je vais en avoir le cœur net» que je me suis dit.
Alors, pif, paf, une semaine après avoir dis que les blogues c’est de la marde, voilà que j’ouvrais le mien. L’expression «Y’a juste les fous qui ne changent pas d’idées» prenait tout sons sens. Quoi qu’à bien y penser ce serait mieux si je disais : «les fous peuvent aussi peuvent changer d’idées». Je suis allé sur le site de blogspot, j’ai suivi les étapes et dans la même journée, j’avais mon propre blogue. Je me disais que peut-être ce n’était qu’une blague, et de mauvais goût; c’était donc à suivre. Après avoir mis trois textes en ligne, j’ai envoyé un courriel à tous mes meilleurs amis et je me suis croisé les doigts. Quand les premiers commentaires sont rentrés, c’est là que j’ai compris toute l’ampleur de ce dans quoi je m’étais embarqué; je jubilais. Ça n’a pas été long que je suis devenu accroc et depuis, de jour en jour, je prends goût à ce style de vie. Je passe beaucoup de mes temps libres à écrire. En fait j’écris plus en un mois maintenant, que j’écrivais en un an avant. J’essaie de m’améliorer et tente de parfaire mon français. Je sais que j’ai beaucoup d’espace à combler, mais le vent continue de souffler dans la bonne direction. «Vogue, vogue tout le long de la rivière. Vogue, vogue mon joli petit bateau.
Ce que je trouve difficile par contre, c’est le faible nombre de commentaires qui me sont adressés pour chaque texte. Je n’en reviens pas d’être devenu addict de ça, moi si sauvage et solitaire. Mais bon, il faut que je sois patient, On ne traverse pas l’atlantique en un jour. Vogue, vogue…
Merci Dominique
lundi 29 juin 2009
Ange
Étrange comme je dérange cet ange.
Quand, dans la grange, je la prends, ça l’arrange.
Autrement, le mélange de nos phalanges la démange.
Et quand, telle une mésange, je chante ses louanges,
Comme une frange, elle me range.
Je ne me sens pas vidange, ni pneu de rechange.
Je boulange. Aucun pain noir je ne mange.
Et de ce que j’engrange, de mes vendanges,
Que libre-échange avec l’archange.
J’aime nos échanges. Rien ne change
Quand, dans la grange, je la prends, ça l’arrange.
Autrement, le mélange de nos phalanges la démange.
Et quand, telle une mésange, je chante ses louanges,
Comme une frange, elle me range.
Je ne me sens pas vidange, ni pneu de rechange.
Je boulange. Aucun pain noir je ne mange.
Et de ce que j’engrange, de mes vendanges,
Que libre-échange avec l’archange.
J’aime nos échanges. Rien ne change
dimanche 28 juin 2009
Rapace et Carapace
La carapace de la tortue africaine, contre l’aigle royal, est bien inutile
Le grand rapace, d’instinct, empoigne le reptile entre ses serres et l’amène au ciel
Le lent animal, sans jamais avoir osé y rêver, s’envole, mais ne comprends pas.
Puis, à bonne hauteur, sans malice, l’oiseau relâche son emprise.
Le pauvre quadrupède tombe, et tombe, et tombe, et s’écrase, et crac!
Le grand rapace, d’instinct, empoigne le reptile entre ses serres et l’amène au ciel
Le lent animal, sans jamais avoir osé y rêver, s’envole, mais ne comprends pas.
Puis, à bonne hauteur, sans malice, l’oiseau relâche son emprise.
Le pauvre quadrupède tombe, et tombe, et tombe, et s’écrase, et crac!
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