lundi 31 août 2009

Chercher l'amour

Je suis assis dans l’escalier menant à mon appart de l’avenue des écureuils fous, tranquille. Je bois un pepsi, je fume une cigarette, la chatte prend l’air, elle broute. Une fille passe; pas trop laide, ni trop jolie, pas trop mince, ni trop grosse, pas trop blonde, ni trop brune, pas trop souriante, parfaitement souriante. Je lui rends son sourire du mieux que je peux malgré mon air difficilement respirable. Elle me dit : «Nice cat». Je réponds : «Nice girl» lorsqu’elle est rendue à l’autre coin de rue, trois jours plus tard. Je me lève et je la regarde filer, au loin, avec mes yeux de taupe aveugle.

Je me dis pourquoi pas après tout. Je me lève précipitamment, la cigarette au bec, j’attrape la minoune d’une main, et ma canette de l’autre, je gravis les six-sept marches en criant sirop, je me vide les mains dans le corridor et j’empoigne mon vélo. Quinze secondes plus tard, je suis déjà en selle et j’engage la quatorzième en direction de la fille. Je la dépasse. Le cinéma Beaubien. Je vais voir les films à l’affiche. Encore les mêmes qu’hier. Je me force à regarder, à lire. C’est plate lire quand on s’en crisse. Bon c’est assez. Je reviens par le trottoir. Je m’arrête devant elle, je la regarde dans les yeux et je lui demande :
- Tu cherche l’amour?
- …
- Moi aussi, je le cherche
- …
- Si on le cherchait à deux, nous aurions plus de chance de le trouver.
Elle sourit et se rapproche. Elle me dit :
- Tu es beau
- Alors, ça te dit? Je vais ranger mon vélo et on part. Non, tiens, je le laisse là. Donnes moi la main.
Elle lève la tête vers moi et ferme les yeux. Je l’embrasse avec la passion de Lancelot pour Guenièvre. Nous nous prenons la main et nous partons chercher l’amour.

Ben non, tabarnak. Ces histoires-là ne sont bonnes qu’à écrire. Tu veux que je te le dise ce qui est arrivé? Quand je l’ai dépassé avec mon vélo, super subtile le gars, elle m’a regardé de travers. Quand je suis arrivé devant le cinéma et que je me suis tourné vers elle, j’ai remarqué qu’elle avait ralenti le pas et qu’elle se collait sur le bord des maisons. Moi, comme un hostie de comique, je suis aller vers elle et quand je me suis arrêté devant elle, elle a crié et a fouillé nerveusement dans sa sacoche et en a sorti son poivre de cayenne qu’elle m’a aspergé vigoureusement et elle s’est sauvé en courant et en criant.

Ben non, ciboire. En réalité, j’ai continué à fumer ma cigarette et j’ai imaginé les scénarios possibles et j’en suis venu à la conclusion que je ne suis ni un Don Juan, ni un maniaque et que l’amour je vais le trouver tout seul.

1 commentaire: