…C’est vraiment humide, depuis la St-Jean, dans mon appart. Je démarre donc le ventilo, j’enlève mon t-shirt et j’installe mon portable sur mes genoux. Vous, les filles qui me lisez, ne vous faites pas d’illusion. Y’a rien à voir, je suis bien ordinaire. Mais bon, si vous préférez vous imaginer un genre de Brad Pitt avec des pecs d’enfer et un sourire qui tue, ça ne me dérange pas, ça vous appartient, mais je vous aurez avertis. Je me demande ce que je peux bien écrire ce soir pour vous divertir un peu. Je ne devrais peut-être pas me poser cette question, mais, c’est désormais devenu plus fort que moi. Dire qu’il n’y a pas si longtemps, je n’écrivais que pour moi. Je croyais même que cela me suffisait amplement. Je barbouillais, seul dans mon coin et personne n’avait jamais eu le droit de me lire. À quoi bon exposer mes trucs?, que je me demandais. Pour me faire juger? Me faire démolir? Je ne voulais pas m’exposer. Je voulais rester sauvage. Personne ne pouvait me comprendre de toute façon. Je le faisais pour moi, pour me rappeler, pour chasser certaines pensées de ma tête, comme thérapie.
Mais, un beau jour de mai dernier, j’ai croisé une certaine fille, dans un certain parc. Je ne suis pas porté, naturellement, à aller vers les gens que je ne connais pas. Mais, comme je dérivais, l’appel de la sirène, m’a irrésistiblement attiré. Avec sa guitare, elle chantait : «Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours» de Richard Desjardins. Je me suis approché et lui ai demandé, doucement, si je pouvais m’étendre tout près pour l’écouter. Pour me laisser bercer, que je pensais au fond. Elle m’a souri et m’a assuré qu’elle ne jouait pas bien. Je m’en fous, que j’ai répondu. Je me suis fermé les yeux et l’ai écoutée. Je me suis rapidement sentis privilégié, de pouvoir retrouver un peu le cap, grâce à sa voix qui, elle, était sans conteste douce et sensible. Elle a même joué : «Vogue, vogue tout le long de la rivière. Vogue, vogue mon joli petit bateau». Ça m’a vraiment réchauffé le cœur, puisque ça me ramenait à ma tendre enfance. J’ai souri, je riais presque, je retrouvais mon innocence pour quelques instants.
Puis nous avons eu cette discussion qui, tel un vent favorable, à gonflée mes voiles pour que je puisse me rendre devant cette immensité qu’est l’océan de l’écriture à dessein. Je ne connaissais à peu près pas le monde des blogues et comme je lui ai dit : «Les blogues c’est pour les exhibitionnistes, les show-offs. Moi j’écris pour moi et je n’ai rien à foutre d’être lu ou non» Elle m’a alors demandé : «Pourquoi tu écris alors?» Je ne me souviens pas ce que j’ai répondu, mais c’était sûrement une connerie pour ne pas perdre la face. Avant de partir, elle m’a laissé l’adresse de son blogue. Par la suite, je suis allé jeter un œil sur le blogue de la demoiselle et j’ai réfléchi pendant une bonne semaine à la question. Au terme de cette période, j’étais devenu comme obsédé, je voulais mon blogue moi aussi. J’avais quelque chose à dire. Aussi, je me demandais depuis tellement longtemps ce que mes écrits valaient réellement. «Je vais en avoir le cœur net» que je me suis dit.
Alors, pif, paf, une semaine après avoir dis que les blogues c’est de la marde, voilà que j’ouvrais le mien. L’expression «Y’a juste les fous qui ne changent pas d’idées» prenait tout sons sens. Quoi qu’à bien y penser ce serait mieux si je disais : «les fous peuvent aussi peuvent changer d’idées». Je suis allé sur le site de blogspot, j’ai suivi les étapes et dans la même journée, j’avais mon propre blogue. Je me disais que peut-être ce n’était qu’une blague, et de mauvais goût; c’était donc à suivre. Après avoir mis trois textes en ligne, j’ai envoyé un courriel à tous mes meilleurs amis et je me suis croisé les doigts. Quand les premiers commentaires sont rentrés, c’est là que j’ai compris toute l’ampleur de ce dans quoi je m’étais embarqué; je jubilais. Ça n’a pas été long que je suis devenu accroc et depuis, de jour en jour, je prends goût à ce style de vie. Je passe beaucoup de mes temps libres à écrire. En fait j’écris plus en un mois maintenant, que j’écrivais en un an avant. J’essaie de m’améliorer et tente de parfaire mon français. Je sais que j’ai beaucoup d’espace à combler, mais le vent continue de souffler dans la bonne direction. «Vogue, vogue tout le long de la rivière. Vogue, vogue mon joli petit bateau.
Ce que je trouve difficile par contre, c’est le faible nombre de commentaires qui me sont adressés pour chaque texte. Je n’en reviens pas d’être devenu addict de ça, moi si sauvage et solitaire. Mais bon, il faut que je sois patient, On ne traverse pas l’atlantique en un jour. Vogue, vogue…
Merci Dominique
Que le vent continue de souffler et de gonfler tes voiles, j'aime te lire... ;)
RépondreSupprimerDis toi que pour chaque commentaire que tu lis, il y a au moins 10 autres personnes qui n'en laisse pas. Continue. Je repasserai dans la ruelle bientot. ;)
RépondreSupprimerBelle histoire! Merci de la partager!
RépondreSupprimerC'est beau ça, «le vent continue de souffler dans la bonne direction». Laisse le vent souffler, prends-en même du ''en canne'' comme avec ton ventilateur pis enwoye ! que ça souffle que ça souffle pis partout à par ça. T'es pas dépeigné, un peu, toi ?
RépondreSupprimerHe he